« Les marchés européens entament une correction » (Véronique Riches-Flores)

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Pour Véronique Riches-Flores, la conjoncture économique mondiale est très insatisfaisante.
Pour Véronique Riches-Flores, la conjoncture économique mondiale est très insatisfaisante.

Dans son point de conjoncture de mai 2015, l’économiste indépendante Véronique Riches-Flores exprime un point de vue particulièrement négatif sur la conjoncture économique mondiale. Excès de pessimisme ou véritables signaux préoccupants ? Chacun se forgera sa propre opinion.

Rares sont les études exprimant un point de vue aussi négatif que celui de Véronique Riches-Flores au sujet de l’économie mondiale. Ne croyant pas aux effets bénéfiques du « QE » de la BCE et s’alarmant de différents indicateurs économiques, l’économiste française a publié sur son site Internet (richesflores.com) un document dressant un point de vue particulièrement sombre des perspectives économiques européennes, américaines et asiatiques à la fois.

Europe : vers un flop de la reprise ?

En premier lieu, Véronique Riches-Flores s’affiche sceptique sur les prévisions de reprise en Europe. Il y a « déjà des cailloux dans les rouages de la reprise en zone euro », affirme-t-elle. « La baisse de la devise transfère/diffuse la déflation au reste du monde, et la croissance des exportations n’est pas au rendez-vous ».

Revenant sur l’action monétaire de la BCE (quantitative easing débuté en mars), l’économiste estime que « sans accompagnement budgétaire, l’action des banques centrales est un cataplasme sur une jambe de bois dont les effets ne peuvent être que réduits sur la croissance de moyen terme ».

« [La] remontée des cours du pétrole et de l’euro sur fond d’inertie de la demande internationale pèsent sur le climat des affaires malgré l’embellie domestique », ajoute-t-elle. « La stagnation des perspectives d’emploi dans les services n’est pas bon signe ».

Véronique Riches-Flores ne se satisfait d’aucun indicateur positif : même pour l’Allemagne, l’économiste estime que « l’année 2015 sera sans doute la meilleure depuis 2000 en matière de consommation, mais l’anémie de [la] croissance des exportations pèse sur l’industrie ».

L’économiste attend 1,4% de croissance en zone euro pour 2015, et « pas d’accélération pour 2016 ».

« La croissance américaine bat de l’aile »

Si ce point de vue sur l’Europe est aussi pessimiste, c’est aussi à cause d’une conjoncture mondiale que l’économiste juge insatisfaisante. « Les relais extérieurs à la reprise sont absents : fléchissement de la croissance en Chine et aux États-Unis, absence du cycle d’investissement, difficultés du reste du monde à absorber le choc de la baisse de l’euro, pressions déflationnistes persistantes en Asie et instabilité généralisée des marchés des changes ».

« La situation dans le reste du monde stationne, au mieux », résume-t-elle. « La croissance américaine bat de l’aile » et « les effets combinés de la hausse du dollar […] et de la remontée du taux d’épargne des ménages pèsent sur les perspectives ». L’économiste prévoit tout de même une croissance de 2,3% de l’économie américaine en 2015, qui baisserait à 1,8% en 2016.

Emergents : trop de déséquilibres

Pour Véronique Riches-Flores, les économies émergentes ne feraient pas mieux que les économies développées. « Le monde émergent affronte de multiples difficultés : fragilité de la situation chinoise, excès généralisés de capacités de production en Asie, pressions déflationnistes renforcées par l’appréciation des devises, surendettement moins supportable ». Aux « déséquilibres persistants chez les exportateurs de matières premières » s’ajouteraient enfin des « risques persistants sur les marchés des changes ».

Même la Chine est une source d’insatisfaction pour l’économiste, qui estime que « l’économie chinoise [va] de mal en pis ». « La croissance de la production n’était pas plus forte en mars que durant la crise de 2009 et les indicateurs avancés de l’activité continuent de faiblir », affirme-t-elle.

Perspectives boursières : attention aux mauvaises surprises

Quant aux marchés financiers, Véronique Riches-Flores estime que « les marchés d’actions entament une période plus instable bien que toujours soutenue par le QE de la BCE ».

Aux Etats-Unis : « L’absence de hausse des taux de la Fed ne soutien que temporairement le S&P ». En Europe : « Les marchés européens corrigent, le Dax sous-performe. La remontée des taux longs de ces derniers jours répond à l’incertitude croissante sur la politique des banques centrales », affirme-t-elle.

En somme, « les marchés européens entament une correction », estime l’économiste. On ne s’étonnera pas d’une telle conclusion après une analyse qui tranche, peut-être excessivement, avec les autres analyses publiées ces derniers mois par d’autres sources.

X. Bargue

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