Les marchés européens chutent pour la deuxième séance consécutive

le , mis à jour à 18:16
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Les marchés européens connaissent une deuxième séance consécutive de forte baisse.
Les marchés européens connaissent une deuxième séance consécutive de forte baisse.

Les marchés européens ont terminé dans le rouge vif mercredi 29 avril, après une séance de mardi déjà très négative. Le CAC40 a ainsi perdu 2,59% à la clôture. La veille, l'indice parisien avait déjà clôturé en baisse de 1,81%.

Est-ce le premier vrai à-coup de la spectaculaire phase de hausse des marchés entamée depuis 3 mois et demi ? Après s’être enthousiasmés grâce à un ensemble d’indicateurs positifs en zone euro, les investisseurs commencent à faire grise mine en ce milieu de semaine.

Série décevante d’indicateurs d’activité

Le chiffre qui a fortement déçu les investisseurs mercredi après-midi a été la publication du PIB trimestriel américain. Celui-ci n’a augmenté que de 0,2% au premier trimestre 2015 par rapport au dernier trimestre 2014, alors que le consensus des analystes tablait sur une hausse de 1%, expliquait l’AFP.

La nouvelle est tombée à 14h30 et a entraîné un premier mouvement de repli : le CAC40 perdait ainsi environ 1,3% quelques minutes après la prise en compte de cette nouvelle décevante par les investisseurs. Le pessimisme des investisseurs s'est ensuite accru en fin d'après-midi, la baisse s'amplifiant après 16h.

La déception est d’autant plus forte que la croissance américaine avait retrouvé un rythme de croisière très élevé en fin d’année 2014. La forte décélération de la croissance américaine n’est pourtant pas une surprise complète : on sait que l’hiver a été rude aux Etats-Unis (neige ralentissant l'activité), et que le dollar fort a commencé à pénaliser les exportations américaines.

La mauvaise statistique prend la suite d’une statistique d’activité tout aussi décevante publiée hier au Royaume-Uni. Le PIB trimestriel n’aurait progressé outre-Manche que de 0,3% selon la première estimation officielle alors que le consensus tablait sur une progression de 0,5%. La semaine précédente, les indicateurs d’activité de court terme en zone euro s’étaient également établis à des niveaux décevants face aux attentes : lire l’article détaillé à ce sujet.

Hausse de l’euro face au dollar

Autre élément participant à la baisse des marchés d’actions européens mercredi : la hausse de l’euro. La parité euro-dollar revenait en effet au-dessus de 1.11 USD pour 1 EUR mercredi (+1,27%), après une journée d’hier où l’euro s’était également raffermi de 0,9%.

Depuis plusieurs mois, les investisseurs peuvent noter une forte corrélation négative entre l’évolution de la parité euro-dollar et la performance des marchés boursiers européens. Ceci s’explique a priori du fait que l’euro fort est considéré comme un frein potentiel aux exportations européennes, et modifie donc les attentes des investisseurs sur les performances financières des entreprises exportatrices.

Indices en forte baisse

Les marchés européens ont terminé sur une note très négative.

Les indices français et allemands étaient les plus concernés par le mouvement de baisse. En-dehors du CAC40 perdant 2,59% à la clôture (avec 40 valeurs en baisse et aucune en hausse), le Dax30 allemand a terminé sur une chute de 3,21%.

Les indices de Madrid et de Milan perdaient environ 2% à la clôture. La Bourse de Londres (FTSE 100) limitait quant à elle la casse en perdant seulement un peu plus de 1%.

Côté américain, la mauvaise nouvelle sur le PIB n’inquiétait pas les marchés outre mesure. Wall Street baissait de manière beaucoup plus modérée que les marchés européens : le Dow Jones perdait environ 0,3% à 17h30 tout comme le Nasdaq, alors que le S&P500 réussissait même à monter de 0,3%. Les investisseurs américains semblaient prendre la nouvelle relativement positivement, anticipant un report de la remontée des taux directeurs de la Fed. La décorrélation est très forte entre les marchés américains et européens depuis plusieurs mois.

On notera que les marchés obligataires ont également baissé, alors que les séances de chute sur les actions sont généralement des séances de revalorisation des obligations. Cette fois-ci, cette règle classique n'a pas fonctionné : à titre d'exemple, les taux du Bund allemand (OAT à 10 ans) ont ainsi progressé de 0,16% à 0,26% (or, pour rappel, lorsque les taux du marché montent, la valeur de marché des obligations baisse mécaniquement). Il y a 10 jours, le taux du Bund allemand avait atteint un niveau historiquement faible à 0,01%, très proche de passer en taux négatif.

X. Bargue

Retrouvez sur Boursorama notre article d’hier : Indicateurs décevants en Europe : les marchés ont-ils été trop optimistes ? ainsi que notre article sur la réduction de l'exposition de la banque Lazard aux marchés actions.

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