Les marchés émergents, oui, mais pas seulement...

le
0
(NEWSManagers.com) - Les marchés émergents restent le poumon de l' économie mondiale mais de nombreuses interrogations subsistent sur la pérennité du dynamisme asiatique, notamment chinois, qui pourrait être remis en cause par un durcissement trop brutal des politiques monétaires. Ce thème a été longuement débattu, le 2 février à Zurich à l' occasion du rendez-vous annuel des professionnels de la gestion, la plupart du temps devant des salles combles et très attentives.

Selon Guido Stiel, gérant de portefeuille senior sur les actions émergentes chez Allianz Global Investors-RCM, les marchés émergents vont continuer, et pour longtemps, de jouer les premiers rôles, mais ce sont les BRIC qu' il faut privilégier. " Jouer les marchés émergents, c' est bien, mais jouer les BRIC, c' est mieux. Les BRIC devraient surperformer les autres marchés émergents en 2011" , a lancé Guido Stiel qui préfère les valeurs bien capitalisées et qui ne voit de risque de bulle sur le marché immobilier chinois. En raison d' abord du périmètre de ce marché qui ne se limite pas à Pékin et Shanghai. Si ces deux villes ont pu connaître des exagérations, les prix immobiliers dans l' ensemble de la Chine augmentent en moyenne de 8% à 9% par an. Ensuite parce que la spéculation est encore marginale. Les Chinois acquérant de l' immobilier sont souvent des primo-accèdants qui payent en cash (un tiers à hauteur de 100%, un autre tiers à 50%, seul le dernier tiers se finançant avec un crédit de plus de 50% du total).

Sam Hecht, gérant de portefeuille chez BlackRock et responsable de l' équipe chargée des actions émergentes européennes, estime pour sa part que dans l' histoire des émergents, " c' est plutôt la fin du début que le début de la fin" . Parmi les BRIC, c' est surtout le " R" qu' il met en avant. Le marché russe est extrêmement bon marché, insiste-t-il, et " la suspicion à l' égard de ce marché ne peut pas tomber beaucoup plus bas. Les responsables politiques s' efforcent de changer cette perception" . Et de citer encore une fiscalité très favorable, l' impact très positif de la hausse des matières premières et le rapprochement avec la Chine.

Mais les BRIC ne sont pas forcément l' alpha et l' oméga des marchés émergents. Selon Carlos von Hardenberg, senior executive director, vice president chez Templeton Asset Management, ce sont plutôt les marchés frontières qui devraient focaliser l' attention des investisseurs. Leur potentiel de croissance est celui des marchés émergents à la fin des années 80. La capitalisation boursière de ces marchés ne représente que 2% de la capitalisation boursière mondiale contre 31% pour les marchés émergents. Ces marchés sont encore totalement négligés par les analystes alors qu' ils offrent d' ores et déjà des marchés liquides, riches d' un large éventail de sociétés. Parmi ses choix, le Vietnam, l' Ukraine la Roumanie, ou encore le Nigeria.

Et c' est justement l' Afrique que cherche à promouvoir Jean-Pierre Gerber, spécialiste produit senior chez Bellevue Asset Management. " On ne peut plus ignorer l' Afrique" , estime Jean-Pierre Gerber qui évoque pèle-mêle le levier des matières premières, les réformes économiques, la libéralisation et les privatisations. " Et la corruption est un vrai problème mais pas plus grave que dans les autres pays émergents" , affirme-t-il. A vous de choisir?

info NEWSManagers

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant