Les marchés de Noël font recette en France

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Les Français devraient dépenser près de 400 millions d'euros sur les marchés de Noël cette année. Avec 26,8 millions de visiteurs attendus, l'attrait touristique de ces petits chalets en bois ne retombe pas.

Avec un budget moyen de 531 euros par foyer, les Français dépenseront moins cette année à Noël pour la première fois depuis 2010. Une morosité qui n'entame visiblement pas la bonne santé des marchés de Noël, installés dans le paysage hexagonal depuis les années 1990. Cette année, 37 marchés officiels* seront répartis dans le pays et devraient accueillir 26,8 millions de visiteurs, selon la première étude du Centre for Retail Research (CRR) britannique et du site Bons-de-Réduction.com sur ce secteur, dont les conclusions sont dévoilées par lefigaro.fr. La France est aujourd'hui le deuxième pays européen en nombre de marchés de Noël, loin derrière l'Allemagne et ses 2234 adresses, mais devant la Grande-Bretagne (15).

«Ce secteur se porte bien et connaît une croissance supérieure à l'évolution globale des ventes de Noël», commente Olivier David, directeur général de Bons-de-Reduction.com. Les Français devraient dépenser 396 millions d'euros cette année en décorations, produits du terroir ou fabrications artisanales sur les marchés. Un chiffre d'affaires qui continue de croître chaque année, selon les estimations. La France occupe ainsi le troisième rang du classement mondial, derrière l'Allemagne (2,4 milliards d'euros) et la Grande Bretagne (454 millions d'euros), et fait mieux que les États-Unis (330 M¤) ou la Pologne (272 M¤). En Europe, les ventes devraient franchir la barre des 5 milliards d'euros cette année.

Tous les marchés de Noël ne partagent pas le même succès. Ainsi, les dix principaux drainent à eux seuls 72% des dépenses totales, soit 288 millions d'euros. A Strasbourg, par exemple, l'un des plus anciens marchés de France, 2 millions de visiteurs venus des quatre coins du monde sont accueillis chaque année et dépensent en moyenne 67 euros par personne. Paris, quant à elle, revendique une vingtaine de marchés, le plus grand dans le quartier de la Défense, suivi par celui des Champs-Elysées. D'autres marchés importants sont installés dans des villes comme Angers, Nantes, Metz, Reims ou Lyon. «Sur les plus petits marchés, où l'offre est plus réduite et l'intérêt touristique plus limité, les visiteurs ne dépensent pas plus de 10 euros chacun, pour une gourmandise et un vin chaud par exemple», poursuit Olivier David.

Course aux emplacements

Les marchés de Noël pourraient toutefois être un jour victimes de leur succès. «Le coût de l'emplacement pour les commerçants est élevé et risque de continuer à grimper. A mesure que la fréquentation augmente et que les ventes suivent, la demande pour des emplacements s'accroît et les villes n'hésitent pas à revoir leurs tarifs à la hausse», prévient le directeur général de Bons-de-Reduction.com. La mairie de Strasbourg facture environ 1400 euros un emplacement pour un chalet de 8 mètres carrés, et jusqu'à 7000 euros pour les plus gros stands. Certaines villes peuvent ponctionner plus de 10.000 euros.

Une redevance qui n'inclut pas la location du cabanon. Or ce budget n'est pas anodin. A Bordeaux, par exemple, les exposants doivent débourser entre 3980 et 7960 euros, selon la surface du chalet, et jusqu'à 13.860 euros pour un «point gourmand», cette année. Des fourchettes de tarifs similaires à Toulouse et à Lyon. Quant à Paris, il en coûte de 10.000 à 20.000 euros pour la location du chalet, selon la surface et l'emplacement, pour sept semaines sur la plus belle avenue du monde.

* L'étude inclut uniquement les marchés de Noël permanents qui durent plusieurs semaines et ne prend pas en compte les très petits marchés qui sont restreints à une durée limitée de quelques jours (par exemple un week-end). Sont exclus également les marchés organisés au sein des centres commerciaux.

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