Les marchés d'actions sont toujours en mal de transparence

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(NEWSManagers.com) - La cinquième édition du colloque du conseil scientifique de l' AMF, qui se tenait hier à Paris sur le thème de la régulation des marchés d'actions (" Régulation : comment faire face au changement des marchés d'actions ?" ), a été l'occasion pour nombre d'intervenants de souligner l'importance d'une transparence accrue sur des marchés confrontés à de mutliples défis : efficacité du processus de formation des prix, égalité d'accès au marché, incidences possibles du trading algorithmique sur la sécurité et l'intégrité du marché.
Le président de l' AMF, Jean-Pierre Jouyet, a notamment souligné le défi réglementaire et technologique que constitue l'opacité qui entoure le fonctionnement des transactions de gré à gré, qui représentent quelque 40% des transactions contre seulement 5% avant la mise en ?uvre de la directive MIF.
" Le G20 nous a invités à faire migrer, dans la mesure du possible, les transactions de gré à gré sur des plateformes réglementées. La norme devrait être la confrontation en toute transparence , de façon multilatérale, des ordres d'achat et de vente. Le hors norme devrait être réduit à la portion congrue" , a expliqué Jean-Pierre Jouyet. Et il n'a pas été le seul à en conclure que seules les transactions qui n'ont pas vocation à participer au processus de formation des prix sont susceptibles d'être conclues de gré à gré.
Un exercice difficile, a reconnu Roland Bellegarde, Nyse Euronext, executive V.P. Groupe et responsable global du trading en Europe, qui estime que " l'équilibre fragile entre la partie opaque et le maintien d'un prix de référence nécessite une intervention réglementaire" .
Souvent mis en cause, le trading haute fréquence a trouvé des défenseurs tant du côté de la communauté scientifique que chez les praticiens comme Jean-Philippe Bouchaud, président de Capital Management, un spécialiste du trading algorithmique, qui affirme que " ces stratégies fournissent de la liquidité" . Mais il reconnaît aussi qu'il y a beaucoup d'expérimentation dans ces marchés et qu'il existe de toute façon " une boucle d'instabilité intrinsèque à cette activité" , en raison du couple infernal spread/volatilité.
Parmi les solutions envisagées susceptibles d'être mises en ?uvre à bref délai, Roland Bellegarde a évoqué celle des coup-circuits, de son point de vue très facile à mettre en ?uvre. A moins que des questions de souveraineté ralentissent l'application d'une telle mesure, a averti Thierry Francq, secrétaire général de l' AMF.
Bruno Biais, professeur de finance à l'école d'économie de l'université de Toulouse, a pour sa part évoqué l'impérieuse nécessité de proposer davantage de données de marché à la recherche académique bien entendu, mais aussi à toutes les parties prenantes. " Les régulateurs doivent mettre la pression sur les opérateurs pour qu'ils nous fournissent les données" , a-t-il lancé. L'accord est à peu près unamine sur le sujet sauf qu'il se heurte au sempiternel problème du coût. Là aussi, dans un paysage plus fragmenté que jamais, la collaboration de tous les acteurs sera indispensable à la constitution d'une forme de système consolidé d'audit et de cheminement des informations, comme veut le faire la SEC après le mini-krach du 6 mai dernier?

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