«Les manifestations sont devenues des référendums»

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INTERVIEW - La guerre des chiffres a-t-elle toujours fait rage autour des manifestations? Danielle Tartakowsky, historienne, trouve réducteur d'analyser la mobilisation des Français à l'aune du nombre de manifestants.

» INFOGRAPHIE - Les grands écarts entre les chiffres de la police et des organisateurs

Le Figaro.fr - Depuis quand compte-t-on les manifestants?

Danielle Tartakowsky - Jusqu'à récemment, les chiffres ne faisaient pas débat. D'ailleurs les autorités ne comptaient pas les foules, ce qui montre bien que ce n'était pas un sujet. Longtemps, les appréciations sur l'ampleur des mouvements ont été qualitatifs. En Province, on parlait de «la plus grande manifestation» par rapport à une référence présente dans la mémoire collective. La presse régionale mentionnaient dans les titres des ressentis et non pas des chiffres.

En 1936, si on parlait de 500.000 manifestants, ce n'était qu'un ordre de grandeur. En 1968, le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, disait: «Un million de manifestants, ce n'est pas 999.999 plus un, c'est énormément». Ces chiffres n'avaient aucune valeur comptable, ils signifiaient seulement qu'il y avait beaucoup plus de monde qu'auparavant. D'ailleu

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