Les manifestations kurdes ont fait 21 morts en Turquie

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(Actualisé avec nouveau bilan, Davutoglu et Kerry) ISTANBUL, 8 octobre (Reuters) - Les affrontements qui ont éclaté mardi en Turquie entre les forces de l'ordre à des manifestants pro-Kurdes réclamant une intervention à Kobani, ville kurde syrienne assiégée par les djihadistes de l'Etat islamique (EI), ont fait 21 morts, selon un dernier bilan communiqué mercredi. Plusieurs milliers de Kurdes ont défilé à travers la Turquie pour protester contre la non-intervention des troupes turques aux côtés des Kurdes de Kobani, ville proche de la frontière turque. De violents heurts ont éclaté lorsque la police a entrepris de disperser les manifestants, faisant, outre les 21 morts, des dizaines de blessés. Les manifestations ont eu lieu pour l'essentiel dans le sud-est du pays, où se trouve l'essentiel de la communauté kurde, mais aussi à Istanbul, la plus grande ville du pays, et dans la capitale, Ankara. Le Premier ministre a fait état de 19 morts et de 145 blessés à l'échelle nationale, mais l'agence de presse Dogan a ensuite avancé un bilan de 21 tués. C'est à Diyarbakir, la plus grande ville kurde de Turquie, dans le sud-est, que le bilan des affrontements est le plus lourd, avec au moins dix morts, selon le ministre de l'Agriculture Mehdi Eker. Les heurts ont également fait des victimes dans les provinces de Siirt, de Batman et de Mus. Un couvre-feu a été instauré dans cinq provinces à prédominance kurde du sud-est. Le ministre de l'Intérieur, Efkan Ala, a appelé à l'arrêt des manifestations. "La violence n'est pas une solution. La violence entraîne des représailles. Cette attitude irrationnelle doit cesser tout de suite", a-t-il dit mardi à la presse. L'inaction des autorités turques à Kobani n'exaspère pas seulement les Kurdes. Un haut responsable américain interrogé mardi par le New York Times a, sous le sceau de l'anonymat, fait état d'une "colère croissante contre la Turquie qui traîne les pieds pour empêcher un massacre à moins d'un kilomètre de sa frontière". "Ce n'est pas comme cela qu'un allié de l'Otan est censé agir alors que l'enfer se déchaîne à un jet de pierre de sa frontière", a-t-il ajouté. Les Etats-Unis ont toutefois semblé minimiser l'importance de la ville assiégée depuis trois semaines par les combattants de l'EI, ce qui a provoqué un exode de près de 200.000 Kurdes syriens vers la Turquie. "Aussi horrible que ce soit d'observer en temps réel ce qui se passe à Kobani (...), vous devez prendre du recul et comprendre l'objectif stratégique (des Etats-Unis)", a déclaré John Kerry aux journalistes. "Au-delà de la crise à Kobani, les cibles initiales de nos frappes sont les centres de commandement et de contrôle (des djihadistes), les infrastructures", a poursuivi le secrétaire d'Etat. "Nous essayons de les priver de la capacité de lancer (une telle offensive), pas seulement à Kobani mais dans l'ensemble de la Syrie et de l'Irak." Dans la soirée, les défenseurs kurdes de la ville ont signalé la présence de djihadistes dans deux quartiers. ID:nL6N0S34T7 (Humeyra Pamuk avec Johnny Hogg à Ankara; Eric Faye, Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français)

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  • jfvl le mercredi 8 oct 2014 à 15:14

    Le double jeu des Trucs