Les manifestants ukrainiens maintiennent la pression

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LES MANIFESTANTS UKRAINIENS MAINTIENNENT LA PRESSION
LES MANIFESTANTS UKRAINIENS MAINTIENNENT LA PRESSION

par Natalia Zinets et Richard Balmforth

KIEV (Reuters) - Les Ukrainiens en colère ont maintenu la pression dimanche sur leur président en organisant un grand rassemblement où les chefs de file de l'opposition ont demandé la suppression des pouvoirs "dictatoriaux" de Viktor Ianoukovitch.

Environ 20.000 personnes se sont rassemblées sur la place de l'Indépendance, point central du mouvement de protestation, alors que le président Ianoukovitch n'a toujours pas nommé de nouveau Premier ministre.

Sur la place de l'Indépendance, les dirigeants de l'opposition ont multiplié les critiques à l'encontre de Viktor Ianoukovitch, à la fois sur sa façon de gouverner et sur sa décision de se rapprocher économiquement de la Russie plutôt que de signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne.

"Nous voulons un changement de système dans le pays. Nous voulons un système dans lequel le président soit au service de la volonté du peuple, un président qui n'ait pas de pouvoirs dictatoriaux", a lancé à la foule l'ancien ministre de l'Economie Arseni Iatseniouk.

Vitali Klitschko, autre chef de file de la contestation, a accusé Ianoukovitch de manoeuvres dilatoires.

"Il dit que la Constitution peut être modifiée mais qu'il faut attendre plusieurs mois. Les gens ne sont pas prêts à atteindre six mois", a assuré l'ex-champion du monde de boxe qui dirige le parti libéral Oudar.

La prochaine élection présidentielle est prévue début 2015.

Les chefs de l'opposition, avec le soutien des puissances occidentales, demandent des changements constitutionnels permettant un rééquilibrage du pouvoir entre le président, le gouvernement et le parlement.

"CONTRE L'IMPÉRIALISME DU KREMLIN"

Ils refusent de participer à un gouvernement qui serait sous la coupe de Viktor Ianoukovitch. Ils disent préférer diriger un gouvernement de techniciens indépendants du président qui puisse faire redémarrer une économie en panne.

Le nationaliste Oleh Tiahnibok s'en est pris à la Russie pour son influence supposée sur Viktor Ianoukovitch.

"Notre combat n'est pas seulement contre le régime de Ianoukovitch, mais contre ceux qui le soutiennent, contre la politique impérialiste du Kremlin", a-t-il déclaré.

Viktor Ianoukovitch a rencontré le président russe Vladimir Poutine vendredi à Sotchi en marge des Jeux olympiques. Il est depuis rentré à Kiev mais rien n'a filtré de ce que se sont dits les deux chefs d'Etat.

La Russie a également fait pression sur le chef de l'Etat ukrainien ce week-end, en liant l'octroi d'une nouvelle tranche de son aide promise de 15 milliards de dollars, au paiement des factures de gaz dues par l'Ukraine à des sociétés russes.

"Nous tiendrons la promesse que nous avons faite à l'Ukraine, mais nous aimerions que la partie ukrainienne remplisse les obligations qui lui incombent", a déclaré samedi le ministre russe des Finances Anton Silouanov.

Fait inhabituel, les unités antiterroristes ukrainiennes ont été placées en état d'alerte, en prévision d'éventuelles opérations contre des sites sensibles tels que les aéroports et les centrales électriques.

Les nouvelles mesures de sécurité prévoient notamment de protéger les accès aux bâtiments publics.

Les manifestations quotidiennes compliquent la recherche d'un nouveau Premier ministre pour remplacer Mikola Azarov, qui a remis sa démission le 28 janvier. Le choix d'une personnalité qui serait jugée inacceptable par les manifestants risque de déboucher sur une explosion de colère dans le pays.

Danielle Rouquié pour le service français

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