Les manchots empereurs à leur tour menacés par le réchauffement climatique

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Le réchauffement climatique pourrait entraîner une diminution de 80 % des effectifs de manchots empereurs à l?horizon 2100
Le réchauffement climatique pourrait entraîner une diminution de 80 % des effectifs de manchots empereurs à l?horizon 2100
Encore une espèce emblématique promise à payer un lourd tribut à la hausse du thermomètre mondial?



On l'a évoqué à de nombreuses reprises dans ces colonnes. L'augmentation des températures entraîne une érosion considérable de la banquise. Une situation qui, à terme, en ouvrant de nouvelles routes commerciales, fera les affaires de certains pays riverains du Pôle Nord et des grands groupes pétroliers qui lorgnent les ressources énergétiques qu'elle renferme. Ils sont déjà à pied d'?uvre.

En attendant, la biodiversité locale est bouleversée, à l'image de ces ours polaires contraints de nager des centaines de kilomètres pour rallier la calotte glaciaire et s'alimenter. La communauté scientifique a longtemps cru le contraire, mais la conjoncture n'est hélas pas moins mauvaise sur et autour de l'autre Pôle.

Tout comme son pendant septentrional, le Pôle Sud est en effet grandement affecté lui aussi par le réchauffement climatique, lequel bouleverse le cycle annuel de la banquise. Il est en particulier « à l'origine d'une désynchronisation avec le cycle reproductif du manchot empereur qui explique les prévisions alarmantes pour cet oiseau endémique de l'Antarctique, dont les femelles ne pondent qu'un unique ?uf par an », précisent nos confrères du site Internet Actu-environnement.com.


L'écosystème du Pôle Sud sera sans doute lui aussi en grande difficulté

Des prévisions émanant d'une équipe internationale de chercheurs auteurs d'une étude parue dans la revue Global Change Biology et selon lesquels les effectifs de manchots dégringoleraient de 80 % à l'horizon 2100, passant de trois mille couples aujourd'hui (NDLR : environ deux fois moins qu'en 1962) à seulement cinq cents au début du siècle prochain. Un pourcentage dramatique mais très plausible dans la mesure où il est basé sur des modèles de projections climatiques réalisés par l'Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), modèles qui font état d'une période d'embâcle (formation de la banquise) de plus en plus tardive et, fatalement, d'une période de débâcle (fonte de glaces) toujours plus précoce. Ce phénomène entraînerait donc un raccourcissement de la période hivernale, qui est également celle de la reproduction de l'oiseau, rendu célèbre par le film La marche de l'empereur.

Les modèles démographiques, eux, « montrent que le taux de croissance de la population de manchots est optimisé lorsque que la concentration en glaces marines est intermédiaire. En effet, s'il n'y a plus de glace, les femelles n'ont plus de support pour pondre leurs ?ufs et si la banquise est trop rigide et persistante, elles doivent parcourir de trop grandes distances pour trouver de la nourriture », décrypte Actu-environnement.

Ainsi les manchots et les ours polaires devraient-ils être tous deux confrontés à un véritable chemin de croix. L'hypothèse est d'autant plus recevable qu'en janvier 2009, une étude réalisée par des chercheurs du CNRS a conclu à une menace d'extinction des premiers d'ici 2100. A moins que, contre toute attente, la fonte de la banquise, capitale pour leur reproduction et pour l'assouvissement de leurs besoins nutritionnels, ne réussisse à être contenue. Et que les manchots ne parviennent à s'adapter?
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