Les maladies menacent gravement le vignoble, selon un rapport

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LE VIGNOBLE GRAVEMENT MENACÉ PAR LES MALADIES
LE VIGNOBLE GRAVEMENT MENACÉ PAR LES MALADIES

PARIS (Reuters) - Le vignoble français est touché par des maladies qui affectent sa productivité, entraînant des pertes d'un milliard d'euros par an et le risque de voir disparaître de nombreux exploitants, peut-on lire dans un rapport parlementaire publié vendredi.

Les deux rapporteurs, la socialiste Catherine Quéré et le Républicain Jean-Marie Sermier, estiment que cette crise, qui touche aussi l'Espagne et la Hongrie, "n'est pas sans rappeler" celle du phylloxera qui ravagea le vignoble français au XIXe.

Les maladies qui l'affectent actuellement sont cryptogamiques - dues à un champignon comme l'esca -, l'eutypiose ou bien encore d'origine parasitaire (insectes, acariens, vers, virus, bactéries) comme la flavescence dorée.

Lorsqu'une parcelle est atteinte à 20% ou plus par la flavescence dorée, l'arrachage de l'ensemble s'impose.

"Le taux de progression moyen des seules maladies du bois, mesuré en terme de ceps improductifs, est de l'ordre de 0,5 à 1% en moyenne par an avec de fortes variations selon les cépages et les aires de production", peut-on lire dans le rapport.

Ces maladies n'affectent pas la qualité du vin mais la productivité et 12% du vignoble au moins est improductif, ce qui entraîne des pertes annuelles de production de 3 à 5 millions d'hectolitres, soit "de l'ordre d'un milliard d'euros par an".

Les deux rapporteurs disent avoir acquis la conviction que les maladies de la vigne en France, en Espagne ou en Hongrie, où ils se aussi sont rendus, comme celle des oliviers en Italie, sont annonciatrices "de transformations profondes des modes d'exploitation agricoles" et des modèles économiques.

EFFORTS "INSUFFISANTS"

Ils s'inquiètent que la mise en oeuvre de clones plus résistants "nécessite une durée de recherche et d'expérimentation qui ne correspond pas à la vitesse actuelle de propagation des maladies du vignoble".

Jugeant "insuffisant" l'effort dans ce domaine de la recherche, ils proposent notamment de mettre en place une meilleure coordination des observations sur le terrain et de renforcer les contrôles aux frontières comme c'est le cas en Corse pour enrayer la propagation en provenance d'Italie du xylella fastidiosa, une bactérie qui frappe les oliviers et est transmissible à la vigne.

"Il est urgent de ne pas attendre car si tous ne mourront pas, tous à des degrés divers, sont d'ores et déjà frappés", concluent les deux députés.

Le rapport précise que la France, qui produit 16% du vin mondial et en consomme 14%, est le premier producteur de vin au monde avec 46,2 millions d'hectolitres produits en 2014.

La viticulture française représente 15% de la valeur de la production agricole pour seulement 3% des surfaces utilisées et 68.500 exploitants, avec 550.000 emplois dans ce secteur.

En 2013, poursuit le rapport, le chiffre d'affaires à l'export des vins a atteint 7,6 milliards d'euros, ce qui représente la vente de 13,7 millions d'hectolitres.

(Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • pbenard6 le vendredi 17 juil 2015 à 13:58

    sont-ce les chinois?

  • aiki41 le vendredi 17 juil 2015 à 13:36

    on constate que cela touche plusieurs pays d'Europe, puisque l'UE a été créée pour le bien de tous, pourquoi ne met elle pas les moyens pour faire face à ces fléaux ?