Les "majors" cèdent les petites raffineries et assurent leurs marges

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    par Jessica Resnick-Ault 
    NEW YORK, 17 juin (Reuters) - Chevron  CVX.N  et Royal Dutch 
Shell  RDSa.L  mettent en vente de petites raffineries, 
réduisant leurs actifs à faible marge dans un contexte de 
remontée des cours pétroliers. 
    Chevron, le deuxième pétrolier américain, a dit à Reuters 
qu'il cédait sa raffinerie de Burnaby (Colombie britannique) 
ainsi que des stations service, tandis que Shell recherche un 
acheteur pour sa raffinerie californienne de Martinez, selon 
deux sources au fait du dossier. Shell s'est abstenu de tout 
commentaire. 
    Chevron, Shell, BP  BP.L  et Exxon Mobil  XOM.N  ont vendu 
ces trois dernières années des capacités de raffinage 
américaines représentant plus d'un million de barils par jour 
(bpj), selon le consultant Stratas Advisors. 
    Les cinq premières "majors" mondiales disposent encore de 
suffisamment de capacités aux Etats-Unis pour raffiner autour de 
4,7 millions bpj. 
    Les marges de raffinage ont culminé en 2015 mais elles se 
sont dégradées depuis. Avec la remontée des cours du brut, le 
prix de revient du pétrole va augmenter pour les raffineurs qui 
craignent que les prix à la pompe ne suivent pas le même rythme. 
    Vendre les raffineries tant que les marges restent 
suffisamment élevées est un moyen pour les majors de sortir la 
tête haute sans affaiblir leur bilan. 
    Chevron a également dit à Reuters qu'il avait fait appel à 
Rothschild pour placer sa participation de 75% dans une 
raffinerie sud-africaine. La cinquième major, Total  TOTF.PA , a 
engagé Lazard pour vendre une participation de 50% dans sa seule 
raffinerie aux Etats-Unis mais il n'a pu récolter le prix qu'il 
demandait, selon des sources. 
    Le raffinage est resté un segment rentable durant les deux 
années difficiles qu'a connu le marché pétrolier et les sites 
peuvent donc se vendre à un prix relativement élevé, supérieurs 
à ceux des actifs de prospection et de production.  
    Dans l'intervalle, Shell et Chevron investissent ailleurs. 
Shell a mis sur la table 53 milliards de dollars pour racheter 
BG Group cette année, tandis que Chevron investit massivement 
dans de grands projets de gaz naturel liquéfié (GNL). 
  
    "Une bonne partie des actifs que les poids lourds vendent 
sont en aval (downstream) et en milieu de parcours (midstream) 
parce qu'ils sont recherchés par les fonds de capital 
investissement et d'autres car ils procurent un cash flow plus 
stable", observe Lysle Brinker, d'IHS Energy. 
    Ces actifs pourraient être employés au mieux par des entités 
qui se spécialisent dans une région en particulier, par exemple 
la côte nord-ouest américaine, ou centrées sur le stockage et le 
négoce et non sur la production. 
    Les majors conserveront les grands sites de raffinage 
rentables et bien intégrés à leur activité de production et 
vendront les autres, estime Brinker. 
    La stratégie de Chevron repose ainsi sur de grandes 
raffineries qui peuvent servir à la fois les Etats-Unis et 
l'Asie et sur des sites pétrochimiques aux produits très 
rentables. 
    La raffinerie de Burnaby traite du brut léger plutôt que les 
hydrocarbures lourds des sables bitumineux canadiens et ses 
produits sont écoulés dans une région se limitant au pourtour de 
la Colombie britannique et s'étendant plus bas via l'Etat de 
Washington. 
    Toujours dans le secteur du raffinage, mais au Japon cette 
fois-ci, Idemitsu Kosan  5019.T  fusionnera le 1er avril 2017 
avec son concurrent plus petit Showa Shell Sekiyu  5002.T . Les 
deuxième et cinquième raffineurs nippons créeront ainsi le 
numéro deux japonais du secteur. 
    Idemitsu espère recevoir d'ici la fin juin l'autorisation de 
la Fair Trade Commission japonaise pour racheter à Shell sa 
participation d'un tiers dans Showa Shell. 
    Les deux raffineurs ensemble contrôlent 28% environ du 
raffinage au Japon, derrière JX Holdings  5020.T , qui a 35% du 
marché et qui doit fusionner en avril 2017 également avec 
TonenGeneral Sekiyu  5012.T .   
     
 
 (avec Ron Bousso et Osamu Tsukimori, Wilfrid Exbrayat pour le 
service français, édité par Marc Joanny) 
 

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