Les magasins BUT pourraient changer de mains

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par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Des fonds d'investissement ont fait part de leurs marques d'intérêt pour racheter BUT, l'enseigne spécialisée dans les équipements de la maison, ont indiqué à Reuters des sources dans le milieu du capital-investissement.

BUT a été racheté en 2008 par un consortium composé de trois fonds de private equity, Colony Capital, OpCapita et Goldman Sachs.

Le cycle de cet investissement arrive à maturité et ces fonds sont maintenant prêts à considérer des offres de rachat après avoir notamment changé la direction et mis en place un redressement opérationnel, ont expliqué ces sources.

"Il n'y a pas de mandat formel donné pour la cession de BUT mais c'est un actif sur lequel il y a des marques d'intérêt qui sont étudiées par les actionnaires", a indiqué à Reuters une des sources.

Aucun des propriétaires contactés par Reuters n'a voulu faire de commentaire.

Pour le patron de BUT, il est naturel que des fonds commencent à approcher les actionnaires de l'enseigne, mais il a indiqué ne pas être au courant d'une offre spécifique.

"Nous sommes dans la période où un fonds commence à se poser la question de sa sortie après quatre ans d'investissement. De l'autre côté il y a beaucoup d'argent disponible, donc les fonds regardent les dossiers", a expliqué le PDG Régis Schultz.

Pour lui, la performance opérationnelle de BUT pourrait inciter des fonds d'investissement à regarder le dossier.

"Nous avons fait une croissance en moyenne de 7% par an ces trois dernières années et nous sommes quasiment à 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires pour BUT SA et 1,8 milliard pour l'enseigne au total", a-t-il détaillé.

"L'Ebitda (excédent brut d'exploitation) est à un peu plus de 80 millions d'euros."

BUT a annoncé début mars avoir atteint une part de marché de 10,3% en 2011, contre 9,2% en 2008. L'enseigne a par ailleurs annoncé l'année dernière avoir cédé les murs de 25 de ses magasins en France pour 200 millions d'euros.

BUT a aussi indiqué début mars qu'il ouvrirait cette année pour la première fois un magasin dans Paris, avenue de Wagram, non loin de la place de l'Etoile.

Une possible mise en vente de BUT interviendrait alors que le marché du capital-investissement et des fusions-acquisitions est au point mort, victime des effets cumulés de l'assèchement du crédit et du marasme économique.

Si les banquiers d'affaires mentionnent de nombreux dossiers potentiels comme l'enseigne Alain Afflelou ou la division Redcats de PPR, peu de transactions arrivent au stade d'une offre ferme.

Les opérations de M&A impliquant au moins une entreprise française ont totalisé de janvier à mars 14,1 milliards de dollars, selon les données Thomson Reuters publiées le 23 mars,

soit près de trois fois moins qu'à la même période l'année dernière.

Avec Christian Plumb, édité par Dominique Rodriguez

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