Les locations le samedi, un casse-tête

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La majorité des locations de vacances se font du samedi au samedi, entraînant départs et journées noires sur les routes. Pour les professionnels, la forte demande pour ce créneau justifie la contrainte.

Samedi après samedi, les bouchons s'accumulent sur les routes de France en cette période estivale. Si les Français choisissent tous le même jour pour partir en vacances, c'est souvent parce qu'ils n'ont pas le choix. Les locations de vacances en France se font généralement sur une semaine pleine qui débute et s'achève un samedi. «Le samedi-samedi est devenu une règle commune de base», note Xavier Rousselou, responsable de la communication du groupe de location Homelidays. «C'est une convention qui s'est imposée pour une raison pratique: les gens veulent partir le plus vite possible après le travail pour profiter de leur semaine».

Pour Patrick Tengker, directeur de la communication du groupe de location Interhome, «ce n'est pas une contrainte que le secteur leur impose: ce sont les Français qui l'ont imposé au secteur!», explique-t-il. «Il y a quelques années, plusieurs professionnels on tenté de faire des séjours du dimanche au dimanche. Mais un très faible pourcentage de la clientèle a accepté et cela a été abandonné. Les gens sont très demandeurs du samedi et donc les professionnels s'adaptent à la demande», affirme-t-il.

Le samedi-samedi s'impose également comme la règle d'or chez Pierre et Vacances, surtout pendant l'été, «période de grande affluence» durant laquelle les vacanciers «ont envie de profiter au maximum de leurs congés», selon un porte-parole. Le groupe se montre plus flexible pour d'autres semaines de l'année, notamment à Noël, «lorsqu'il y a moins de monde et que les gens ne prennent pas forcément une semaine entière de congés», ajoute ce dernier. Même chose chez Interhome, qui propose des arrivées toute la semaine en dehors de la haute saison.

Les particuliers plus souples

Remettre en cause ce créneau aujourd'hui poserait de sérieux problèmes d'organisation, affirment les professionnels: «Cela suppose de faire venir du personnel, par exemple pour le nettoyage, le samedi et le dimanche. C'est gérable s'il y a beaucoup de monde mais ingérable si cela représente 30% de la clientèle», assure Patrick Tengker. «Dans les grosses infrastructures très standardisées, il y a toute une organisation basée autour de ce samedi-samedi, avec des gens pour l'accueil, d'autres pour la remise de clé, etc. C'est compliqué de changer», confirme Homelidays qui met en relation vacanciers et propriétaires à la recherche d'un locataire. «Entre particuliers, l'organisation est plus simple et tout se négocie avec le propriétaire. Plus la période de location est longue et plus il est souple», explique ce dernier.

La durée minimale imposée entre particuliers est généralement de cinq jours l'été, le propriétaire étant souvent assuré de trouver des locataires pour boucher les trous de son calendrier. «Mais il y a moyen de négocier, surtout si le propriétaire vit à côté du logement loué et qu'il n'a pas besoin de trop se déplacer pour remettre les clés», explique Xavier Rousselou. Chez Abritel, autre site de location entre particuliers, «le calendrier est mis à jour quotidiennement par le propriétaire lui-même ce qui permet de voir ses disponibilités et de réserver» , explique une porte-parole.

Cette méthode semble aujourd'hui avoir la faveur des vacanciers. «La location entre particuliers prend de d'ampleur et la crise accentue le phénomène. En plus d'être plus souple, c'est globalement deux fois moins cher que l'hôtel», conclut Xavier Rousselou.

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