Les locataires de HLM ont plus de difficultés à payer leur loyer

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Le taux d'impayés chez les locataires de logement social s'élève à 1,5 % en 2014, contre 1 % les années précédentes.

Les organismes HLM n'ont pas encore déclenché l'alerte rouge, mais pas loin. Avec l'aggravation de la crise, de plus en plus de locataires qui occupent un logement social ne payent pas leur loyer. À la SNI, filiale de la Caisse des dépôts et consignations, qui gère 272.000 logements, le taux d'impayés est monté à 1,5 % en 2014, contre 1 % les années précédentes. Même progression des défauts de paiement chez 3F, qui a un parc de 190 .000 logements.

«Le phénomène est très contrasté suivant les régions, explique Daniel Biard, président du comité exécutif de Polylogis (64.000 HLM). Par exemple, le taux d'impayés dans notre parc est monté en flèche à côté de la raffinerie Petroplus en Normandie, qui a fermé en 2013. En revanche, le phénomène est moins prégnant en région parisienne.»

Et avec la progression du chômage attendue par l'Unedic jusqu'à fin 2015, les bailleurs sociaux anticipent encore une détérioration de la situation. Ils redoutent surtout la désindexation de l'aide personnalisée au logement (APL), une mesure avec laquelle les pouvoirs publics cesseraient de revaloriser automatiquement cette aide du montant de l'inflation. Cette mesure n'est pas dans le projet de loi de finances 2015. Mais c'est une des pistes d'économies envisageables les prochaines années. «Cela ferait beaucoup grimper le taux d'impayés, car, dans notre parc, ces aides représentent en moyenne les deux tiers du loyer pour les 27 % de nos locataires qui en bénéficient», explique-t-on à la SNI.

Les gardiens vigilants

Pour éviter que ces impayés ne flambent, les organismes HLM ont mis en place une série de procédures. Chez Polylogis, les gardiens d'immeuble sont prévenus des retards de paiement des locataires. Et, dès le 5 du mois, ils les rappellent à l'ordre pour le loyer du mois précédent qu'ils n'ont pas réglé. Parallèlement, les effectifs affectés au recouvrement des loyers chez ce bailleur social sont passés de 15 à 30 au cours des cinq dernières années.

C'est que ces impayés plombent le budget des organismes HLM. «1 % de loyers non payés, c'est 10 millions d'euros en moins dans nos caisses», résume Yves Laffoucrière, directeur général de 3F. Autant de ressources en moins qui ne pourront pas être affectées au lancement de nouveaux programmes immobiliers ou à la rénovation de résidences HLM.

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  • I19539 le mercredi 15 oct 2014 à 11:39

    Tiens, on pratique la censure chez Boursorama ?

  • M1961G le mercredi 15 oct 2014 à 08:38

    c'est vrai que dans un hlm , c'est plus difficile pour virer quelqu'un . l'état est garant des impayés . ainsi avec hollande , les français savent qu'on peut abuser de tout et payer quand on veut .