Les leçons tactiques de France-Serbie

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À la suite d'une soirée portugaise rassurante défensivement mais décevante dans l'animation du jeu, Didier Deschamps a fait de nombreux changements hier soir. Confrontés à une sélection serbe jeune et joueuse, les Bleus ont trouvé une structure leur permettant de retrouver du mouvement et même de la folie en première période. Quelle est la répartition des rôles des Bleus ? Quelles conséquences ce match peut-il avoir ?

Le jumelage amical Lisbonne-Bordeaux aura finalement permis de livrer un enseignement capital qu'il faudra retenir jusqu'à l'Euro : dans le contexte d'une sélection qui ne joue qu'une fois par trimestre, ce sont bien les joueurs qui font le système, et non pas l'inverse. Ce n'est pas le 4-3-3 qui a animé l'entrejeu : c'est l'habileté de Valbuena et Griezmann. Ce n'est pas le 4-3-3 qui a donné de la structure à la possession française : c'est la maîtrise de Schneiderlin et Pogba. Enfin, ce n'est certainement pas le 4-3-3 qui a donné des ailes à Matuidi. Encore aujourd'hui, personne n'a réussi à percer le mystère de cette merveilleuse tendance à l'héroïsme.

Le mouvement, par la paire ibérique Valbuena-Griezmann


Habillés d'un schéma avec un avant-centre fixe et cinq joueurs pouvant faire vivre le ballon dans l'entrejeu, les Bleus ont retrouvé ce qui avait fait leur force lors d'une partie du Mondial 2014 : du mouvement entre les lignes, une supériorité technique dans la circulation et de la puissance dans les duels. L'équipe de Radovan Ćurčić, connu en Serbie pour ses défenses de géants, se rappellera longtemps de ce gaucher français à la conduite de balle étrange et aux tirs fabuleux. Si les Serbes ont montré de belles phases de possession, ils ne sont jamais parvenus à faire le lien avec leurs armes offensives (merci Varane), mis à part sur de longs ballons dans le dos de Sagna et sur la conduite de balle de Tošić dans les espaces de la seconde période.

Côté français, si tout part du mouvement, ce sont bien les ibériques Mathieu Valbuena et Antoine Griezmann – l'un est d'origine espagnole, l'autre a été formé de l'autre côté des Pyrénées – qui mènent la danse. Armée de ses deux armes offensives hyper mobiles, la possession des Bleus a retrouvé de l'assurance et a pu se permettre une circulation de balle joueuse, risquée, dangereuse. Lorsque Griezmann parvient à contrôler un ballon difficile dos au but et à immédiatement transformer ce contrôle en raid vers l'avant, ça aide. Aux côtés d'un Valbuena tout-terrain capable de maintenir toujours le ballon en vie (80 ballons touchés dans un rôle si offensif, ça fait beaucoup), le joueur de l'Atlético a démontré qu'il pouvait être le parfait attaquant-créateur que la France attendait. Deschamps peut sourire, ce profil rarissime fluidifie les liens entre élaboration et création : 64 ballons touchés, 5 tirs tentés, 4 dribbles…




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