Les leçons tactiques de France-Portugal

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Pour le premier amical contre l'Espagne, Deschamps avait choisi de sacrifier les montées de Matuidi au nom de la liberté de Pogba. Cette fois-ci, retour à la configuration du Mondial brésilien : c'est au tour de Matuidi de jouer libre. Pogba allait-il trouver l'espace suffisant pour dominer le milieu ? Quelle allait être la participation (tant attendue) de Griezmann au jeu par rapport à Valbuena ? Allait-on remarquer l'absence de Sissoko à droite ? Cabaye allait-il convaincre devant la défense face à une équipe à l'aise en contre ?

Il y a une certaine influence allemande dans cette façon de faire permuter les quatre joueurs français les plus offensifs. Une certaine cohérence avec le football moderne, aussi. Celui des postes qui ne veulent plus rien dire, celui des Benzema, Müller et Cristiano. Hier, alors que Messi – joueur d'une autre planète, mais aussi peut-être d'un autre temps – aura buté sur une défense brésilienne quelconque sans même essayer de s'associer avec ses coéquipiers, Benzema aura passé le ballon 34 fois sur 48 prises de balle. Sans oublier de marquer son but et d'en offrir un à Pogba. Un attaquant meneur dans le même style que l'Ibrahimovic époque parisienne. Ce n'est donc pas une surprise de voir Matuidi s'épanouir à ses côtés.
Une animation offensive à l'image de Benzema
En juin dernier, Cesare Prandelli était parti au Brésil sans aucune pointe centrale, défendant son choix ainsi : « Cela fait partie de la transformation du football, c'est un principe dont je suis convaincu. Nous ne voulons pas donner de repères à l'adversaire, nous voulons faire diversion, sinon j'aurais appelé Gilardino et Toni. » Malgré l'échec total du Mondial italien, c'est un principe que continue à suivre Didier Deschamps. A tel point que c'est devenu la principale caractéristique de l'identité de jeu de ces Bleus (d'autant plus depuis l'absence de Ribéry) : une attaque qui ne donne aucun repère aux défenseurs adverses, à l'image des mouvements du Gato Benzema. Dès la dixième seconde, Matuidi se lance à gauche devant son avant-centre distributeur. Deux minutes plus tard, l'action qui mène au premier but est typique de l'animation offensive mise en place cet été au Brésil : une percée de Matuidi à gauche, un appui sur la finesse technique de Griezmann, Pogba qui reste en retrait, Valbuena qui avait lancé le ballon sur un côté à partir du cœur du jeu, et enfin Benzema dans la surface. Trois minutes plus tard, Griezmann redescend en bas pour participer à la relance puis remonte tout en haut, côté droit. Il terminera le match à 40 passes, contre 13 en une heure contre l'Espagne (avec une possession plus faible, certes).

Même face à une équipe portugaise qui peut compter sur la lecture du jeu de Tiago, la France de Deschamps ne se laisse pas déchiffrer facilement : d'une action à l'autre, Valbuena joue dans l'axe puis s'écarte à gauche, Griezmann débute à gauche et vient ensuite compenser le manque de poids du...



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