Les larmes chaudes du cinéma français

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Marianne Basler dans le film Rosa la rose, fille publique de Paul Vacchiali (1985)
Marianne Basler dans le film Rosa la rose, fille publique de Paul Vacchiali (1985)

La Cinémathèque française propose une belle histoire du mélodrame, genre populaire originellement destiné au public féminin.

Le nouveau cycle qui s’est ouvert à la ­Cinémathèque française ne pouvait mieux s’accorder à l’atmosphère actuelle. En cinquante films, « le mélodrame français » nous offre la promesse de se réchauffer, à la douceur de nos larmes, devant des histoires de passions sacrifiées sur l’autel des conventions sociales, d’amours empêchées, de sentiments exacerbés par la violence de l’histoire ou la fatalité…

Intriguant, tant le cinéma français, dominé par une tradition naturaliste, a toujours entretenu un rapport un peu contrarié aux genres en général, et à celui-ci en particulier, cet intitulé est le prétexte à une relecture anamorphosée de son histoire, depuis l’époque, très faste pour le mélo, du muet jusqu’à ses maîtres contemporains que sont Paul ­Vecchiali ou Jean-Claude Brisseau.

Entre ces deux moments, le mélodrame n’aura cessé de hanter l’imaginaire en empruntant des formes et des motifs différents. Les années 1930 auront ainsi été marquées par les films de Marcel Pagnol et de Jean ­Grémillon ; la guerre par les « mélos pétainistes » (de Jean Stelli notamment) et des chefs-d’œuvre comme Donne-moi tes yeux, de Sacha Guitry, et Vénus aveugle, d’Abel Gance ; l’après-guerre par une niche mélodramatique de films dits « de prostitution », alors que le cinéma désabusé de « la qualité française » se défiait des effusions sentimentales ; la Nouvelle Vague et la modernité qui en est issue étaient moins compatibles encore avec le premier degré requis par le mélodrame, mais n’ont pas e...

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