Les laboratoires peinent à rentabiliser leur recherche

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LES LABORATOIRES PHARMACEUTIQUES PEINENT À RENTABILISER LEUR RECHERCHE
LES LABORATOIRES PHARMACEUTIQUES PEINENT À RENTABILISER LEUR RECHERCHE

par Ben Hirschler

LONDRES (Reuters) - Même si le nombre de nouveaux médicaments homologués augmente, les laboratoires peinent toujours à glaner un retour correct sur leurs investissements dans la recherche, apprend-on dans un rapport publié mardi.

L'industrie pharmaceutique mondiale tente de reconstituer son portefeuille de médicaments après une vague de médicaments tombés dans le domaine public qui a culminé en 2012. A la suite d'une récente série de feux verts accordés à de nouveaux médicaments - notamment contre le cancer et les maladies rares - ils était nombreux à espérer en un rétablissement.

La dernière étude de productivité de Deloitte et Thomson Reuters montre au contraire une poursuite de la baisse des retours attendus sur les investissements de recherche-développement en fin de phase.

Pour l'année 2013, le taux de rendement interne moyen (TRI) de la R&D est estimé à 4,8% seulement contre 7,2% de l'an dernier et 10,5% en 2010. Sur cette même période de quatre ans, le coût moyen de développement de nouveaux médicaments a augmenté de 18% à 1,3 milliard de dollars (958 millions d'euros).

De fait, le chiffre d'affaires maximal attendu pour chacun des nouveaux médicaments a chuté de 43% à 466 millions de dollars en moyenne pour cette année, contre 816 millions en 2010, reflétant l'impact des mesures d'austérité dans la santé et une évolution vers des médicaments destinés à des marchés de niches.

Malgré la tendance globale à la baisse des rendements de la recherche, les moyennes cachent de grands écarts de performance selon que les groupes se situent en tête ou en queue de peloton, cinq des 12 sociétés étudiées ayant un retour attendu sur investissement en R&D supérieur à 7% pour cette année.

Pour les plus performants, le coût moyen de développement d'un médicament en 2013 aura été de 393 millions de dollars tandis à l'autre bout du spectre, il est de 3,08 milliards.

Les groupes analysés par cette étude sont Pfizer, Roche, Novartis, Sanofi, GlaxoSmithKline, Johnson & Johnson, AstraZeneca, Merck & Co, Eli Lilly, Bristol-Myers Squibb, Takeda et Amgen.

L'étude a consisté à calculer le TRI de ces sociétés en estimant la valeur future des ventes des produits qui en sont aux essais cliniques de stade III ou pour lesquels une demande d'homologation a déjà été présentée.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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