Les Kurdes irakiens disent avoir pris Bachika près de Mossoul

le , mis à jour à 17:41
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    * Les peshmergas revendiquent la prise de Bachika 
    * La ville est situé à 12 km au nord-est de Mossoul 
    * L'EI tente une nouvelle diversion, à Routba 
    * Cette ville est situé à 360 km à l'ouest de Bagdad 
    * Ashton Carter (Pentagone) félicite les peshmergas 
 
 (Actualisé avec propos du général Townsend, précisions des 
peshmergas) 
    par Saïf Hamid et Babak Dehghanpisheh 
    ERBIL, Irak, 23 octobre (Reuters) - Les combattants kurdes 
irakiens ont annoncé avoir repris à l'Etat islamique dimanche la 
ville de Bachika près de Mossoul dans le cadre de l'offensive 
des forces coalisées contre le dernier bastion des djihadistes 
en Irak. 
    Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, qui se 
trouve en Irak, a été informé de cette libération par le 
président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud 
Barzani, a déclaré un responsable américain. 
    Les combattants kurdes, les peshmergas, ont déclaré aux 
journalistes présents sur les lieux qu'ils étaient entrés dans 
Bachika, mais la presse n'a pas été autorisée à pénétrer dans la 
ville, qui est située à 12 km au nord-est de Mossoul. 
    Le général américain Stephen Townsend, qui dirige la 
coalition internationale contre l'EI en Irak, a déclaré que ses 
propres informations, bien que partielles, confirmaient les 
dires du président Barzani et suggéraient qu'il y avait eu "une 
réussite considérable" à Bachika. 
    Il a toutefois précisé devant les journalistes: "Je n'ai pas 
encore reçu de rapport me disant que chaque maison a été 
dégagée, chaque combattant de Daech tué et chaque mine enlevée." 
    Bachika, a-t-il encore dit, est l'un des villages autour de 
Mossoul que l'EI a vidé de ses civils au cours des deux 
dernières années pour en faire une forteresse.     
    Les images de Reuters Television, qui a pu filmer à 
Naourane, localité située près de Bachika, montrent des 
combattants kurdes qui utilisent diverses armes dont des 
mortiers lourds et une mitrailleuse, tandis que de la fumée 
s'élève au-dessus de la région de Bachika. On voit les 
peshmergas se déplacer dans le secteur, ainsi que des véhicules 
blindés, tandis qu'un hélicoptère survole la zone. 
    Les peshmergas utilisent aussi des chars et des 
lance-roquettes. Ils ont également des tireurs embusqués. 
    Un photographe de Reuters a vu les combattants kurdes 
détruire pas moins de trois véhicules piégées lancés contre eux. 
    Le point le plus proche de Mossoul dont se sont approchées 
les forces kurdes et irakiennes, appuyées par la coalition 
internationale dirigée conte les États-Unis, est un lieu situé à 
moins de 5 km de la grande ville du nord de l'Irak, a indiqué le 
ministre de l'Intérieur de la région autonome du Kurdistan. 
     
    "NOUS APPRÉCIONS VOTRE AMITIÉ" 
    Pendant ce temps, l'EI tente semble-t-il de faire diversion. 
Après avoir attaqué Kirkouk vendredi, les djihadistes de 
l'organisation fondamentaliste sunnite ont fait irruption 
dimanche à Routba, localité située à 360 km à l'ouest de Bagdad. 
Ils ont tué sept policiers, a-t-on appris auprès de la police. 
    Selon le maire de Routba, Imad al Doulaïmi, l'attaque a eu 
lieu pendant la nuit. Les djihadistes ont pu entrer dans la 
ville grâce aux cellules dormantes qui s'y trouvent. Les 
insurgés, au nombre d'une trentaine, se sont battus avec les 
combattants tribaux et les forces de l'ordre avant de 
disparaître. 
    Pour tenter de repousser l'offensive contre Mossoul, l'EI a 
aussi mis le feu à une usine de soufre. Un millier de personnes 
ont été hospitalisées après avoir inhalé des fumées toxiques. 
    Selon les représentants de la coalition, l'offensive, 
engagée lundi dernier, se déroule bien mais la reprise de la 
capitale de la province de Ninive prendra du temps. Mossoul, aux 
mains de l'EI depuis juin 2014, compte 1,5 million d'habitants. 
    Entre 4.000 et 8.000 combattants de l'EI ont truffé la ville 
d'explosifs, rempli des tranchées de pétrole, creusé des 
tunnels. Des civils pourraient servir de boucliers humains. 
    Les forces irakiennes engagées dans la bataille de Mossoul 
comptent environ 30.000 hommes. Elles sont épaulées par les 
forces spéciales américaines avec, en appui aérien, des avions 
américains, britanniques et français. 
    Ashton Carter s'est rendu à Erbil, capitale de la région 
autonome du Kurdistan irakien pour féliciter les peshmergas.  
    "Je suis ici pour vous rendre hommage, ainsi qu'à vos 
forces. Je suis encouragé par ce que je vois", a déclaré le chef 
du Pentagone à Massoud Barzani. 
    "Je sais que vous retournez au front. Soyez prudent, je vous 
en prie. Nous apprécions votre amitié", a déclaré Ash Carter à 
Massoud Barzani au moment de partir. 
    Selon le général Halgord Hekmet, porte-parole des 
peshmergas, 25 combattants kurdes ont été tués depuis le début 
de l'offensive lundi. Il a fait état de nombreux blessés. 
    Tout en se disant satisfait du soutien aérien reçu par ses 
hommes de la part de la coalition internationale, il a demandé 
qu'on lui fournisse davantage de blindés et d'équipements pour 
détecter les mines enterrées. 
    "La plupart de nos peshmergas ont été tués parce qu'ils 
conduisaient des véhicules normaux, non blindés", a-t-il dit. 
    A Rome, le pape François s'est dit proche des irakiens et en 
particulier des habitants de Mossoul, "qu'ils soient musulmans, 
chrétiens ou d'autres groupes ethniques et religieux." 
 
 (Avec Phil Stewart, Bouchra Chakhchir et Silvia Aloisi; 
Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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