Les Kurdes enterrent l'avocat militant Tahir Elci, mort à Diyarbakir

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    DIYARBAKIR, Turquie, 29 novembre (Reuters) - Plusieurs 
milliers de personnes se sont rassemblés dimanche à Diyarbakir, 
ville majoritairement kurde du sud-est de la Turquie, pour les 
obsèques de Tahir Elci, avocat kurde de renom et militant des 
droits de l'homme tué la veille par des individus armés. 
    Deux policiers qui ont également perdu la vie dans la 
fusillade de samedi à Diyarbakir ont aussi été inhumés. 
    Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a indiqué dimanche 
que la même arme avait servi à tuer l'avocat et les policiers et 
promis que les assassins seraient arrêtées. Mais les 
circonstances entourant la mort de Tahir Elci prêtent à la 
controverse. 
    Selahattin Demirtas, co-président du Parti démocratique des 
peuples (HDP, pro-Kurdes), a pour sa part exprimé dimanche son 
"scepticisme" quant à la détermination des autorités à traquer 
les tueurs. 
    Tahir Elci avait été arrêté et brièvement détenu le mois 
dernier pour avoir déclaré à la télévision que le Parti des 
travailleurs du Kurdistan (PKK) n'était pas un groupe terroriste 
tout en condamnant le recours à la violence. Des poursuites 
avaient été engagées contre lui. (voir  ID:nL8N12K1JP ) 
    Les images de vidéosurveillance diffusées par la police de 
même que les vidéos de plusieurs médias, dont Reuters TV, ne 
permettent pas d'établir l'enchaînement exact des événements 
ayant abouti à la mort de l'avocat et des deux policiers. (voir 
 ID:nL8N13N0B6 ) 
    Alors que les autorités disent ne pas être en mesure de dire 
si l'avocat a été assassiné ou simplement pris dans des tirs 
croisés, son frère, Ahmet, a assuré qu'il avait bien été 
délibérément visé. 
    "Mon frère n'est pas notre premier martyr et ne sera pas le 
dernier", a-t-il dit lors des funérailles. "En tant 
qu'intellectuel kurde, il a été assassiné par l'Etat, cet Etat 
qui a assassiné des intellectuels kurdes tout au long de 
l'Histoire. Mais nous n'abandonnerons pas et nous gagnerons." 
    Un couvre-feu a été imposé à Sur, le quartier de Diyarbakir 
où s'est produite la fusillade, et des incidents ont opposé 
dimanche les forces de sécurité et des jeunes militants du PKK. 
 
 (Seyhmus Cakan avec Humeyra Pamuk à Istanbul; Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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