Les Kurdes de Syrie approuvent la création d'une fédération

le , mis à jour à 21:18
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 (Avec réaction américaine §2) 
    BEYROUTH, 17 mars (Reuters) - Les trois zones autonomes du 
nord de la Syrie tenues par les Kurdes ont approuvé jeudi la 
création d'une entité "fédérale démocratique", malgré les mises 
en garde de Damas et d'Ankara. 
    Washington, qui soutient les forces kurdes syriennes, a 
également rejeté l'initiative. 
     "Nous ne soutenons pas des zones autogérées et 
semi-autonomes à l'intérieur de la Syrie", a rappelé le 
porte-parole du département d'Etat John Kirby. "Une Syrie une, 
unie et non religieuse, voilà l'objectif", a-t-il ajouté.  
    Le vote s'est déroulé à Rmeilan, dans le nord-est de la 
Syrie, où les représentants des trois zones étaient réunis. 
    Les délégués ont convenu d'établir le "système fédéral 
démocratique du Rojava", nom donné par les Kurdes au nord de la 
Syrie.  
    La décision des Kurdes risque de compliquer un peu plus les 
discussions indirectes entamées lundi à Genève entre le régime 
syrien et l'opposition. Les Kurdes n'y sont pas conviés.     
    Les autorités syriennes ont aussitôt jugé l'initiative 
dénuée de tout fondement légal ou politique, selon l'agence de 
presse Sana. 
    "Ce type d'annonce n'a pas de valeur légale et n'aura aucune 
conséquence légale, politique, sociale ou économique tant 
qu'elle ne reflétera pas la volonté de l'ensemble du peuple 
syrien", ajoute Sana citant une source au ministère syrien des 
Affaires étrangères. 
    "Le gouvernement de la République arabe de Syrie met en 
garde quiconque serait tenté de saper l'unité de la terre et du 
peuple de Syrie", poursuit cette source. "Soulever la question 
d'une union ou du fédéralisme constitue une violation de l'unité 
du sol syrien, et cela va contre la Constitution et les 
résolutions internationales", ajoute-t-elle. 
    La Turquie est opposée à l'apparition de nouvelles 
structures en Syrie et estime que les initiatives unilatérales 
fondées sur l'appartenance ethnique ne peuvent pas être 
adoptées, a dit un responsable turc. 
    Il appartient au peuple syrien de décider dans son ensemble 
de l'avenir du pays, a ajouté ce responsable. 
 
 (Rodi Said, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour 
le service français) 
 
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