Les Kurdes continuent de progresser face à l'EI en Syrie

le , mis à jour à 16:59
0

BEYROUTH, 22 juin (Reuters) - Les forces kurdes, appuyées par de petits groupes de rebelles syriens, poursuivent leur progression dans les territoires tenus par l'organisation Etat islamique et se rapprochent de Rakka, la capitale autoproclamée des djihadistes en Syrie. Profitant également des raids aériens de la coalition sous commandement américain, les peshmergas de l'YPG ne sont plus qu'à sept kilomètres d'Aïn Issa, une localité située à une cinquantaine de km au nord de Rakka, a déclaré Redur Xelil, porte-parole des forces kurdes. Cette progression territoriale fait suite au succès remporté la semaine passée par les combattants kurdes à Tel Abyad, ville située sur la frontière turque dont la prise, en moins de deux jours, a coupé une voie d'approvisionnement utilisée par Daech. La percée de l'YPG en territoire islamiste est aussi soudaine qu'inattendue sur ce front du conflit syrien. Les combattants kurdes avaient déjà infligé aux islamistes un important revers en brisant le siège de la ville de Kobani après quatre mois de combats le long de la frontière turque. Les combattants de l'YPG tentent désormais de s'emparer d'une base militaire au sud-ouest d'Aïn Issa, la base "Lioua 93", dont les djihadistes avaient chassé l'armée régulière syrienne lors de leur grande offensive l'an dernier. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) qui documente le conflit grâce à de nombreux contacts sur le terrain, si la base tombe aux mains des Kurdes, rien ne pourra empêcher ces derniers de se conquérir la localité voisine. L'influence croissante des peshmergas dans le conflit en Syrie inquiète fortement les autorités turques qui voient se renforcer la puissance militaire de ces combattants et qui redoutent une reprise du conflit ethnique au Kurdistan turc. Ankara a fait part de ses craintes aux Etats-Unis notamment à propos de déplacements de populations arabes et turkmènes près de Tel Abyad, déplacements dans lesquels le gouvernement turc voit "une sorte de nettoyage ethnique". Les responsables kurdes démentent que des mouvements forcés de populations aient lieu dans les territoires sous leur contrôle et soutiennent que les accusations du gouvernement turc ne visent qu'à ranimer un conflit communautaire. Les Kurdes syriens affirment ne pas avoir l'intention de créer leur propre Etat mais souhaitent que leur exemple d'autonomie régionale serve d'exemple à une résolution du conflit syrien et d'autres conflits dans la région. (Tom Perry; Pierre Sérisier pour le service français, édité par Tangi Salaün)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant