Les Kurdes accusent Ankara d'entraver la reconquête de Rakka

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    * Série de bombardements turcs contre les YPG 
    * Les Kurdes proposent une force internationale à la 
frontière 
    * Paris appelle à concentrer les efforts contre l'EI 
 
 (Actualisé avec autres déclarations, Quai d'Orsay, contexte, 
précisions) 
    par Marine Pennetier 
    PARIS, 25 octobre (Reuters) - Les Kurdes syriens ont exhorté 
mardi la communauté internationale à sortir de son silence face 
aux bombardements turcs contre des positions kurdes en Syrie, 
des frappes "irresponsables" qui entravent selon eux la 
reconquête future de la capitale autoproclamée de l'Etat 
islamique, Rakka.  
    L'hostilité d'Ankara à l'égard des combattants kurdes est 
source d'embarras pour la coalition internationale de lutte 
contre l'EI, emmenée par les Etats-Unis, qui s'appuie notamment 
sur les Unités de protection du peuple kurde (YPG) pour 
reprendre du terrain à l'organisation djihadiste en Syrie. 
    Ces derniers jours, l'aviation turque a mené une série de 
raids d'une intensité sans précédent contre des villages repris 
récemment à l'EI par les rebelles des Forces démocratiques 
syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde qui a repris le 
contrôle de Manbij en août.  
    Entre 160 et 200 militants des YPG, la branche armée du 
parti kurde syrien PYD considéré comme Ankara comme une 
organisation "terroriste", auraient été tués dans des 
bombardements menés dans la nuit du 19 au 20 octobre dans le 
nord de la Syrie  ID:nL8N1CQ1IY .  
    "Les grandes puissances, notamment les membres permanents du 
Conseil de sécurité de l'Onu, doivent assumer leurs 
responsabilités et mettre un terme à la politique irresponsable 
d'Erdogan (...) qui entrave les préparatifs" de la reconquête de 
Rakka, a estimé le représentant du Rojava (Kurdistan syrien) en 
France.  
    "On ne peut pas aller libérer Rakka et se battre contre 
Daech à Rakka alors que dans notre dos les Turcs nous bombardent 
par l'aviation et l'artillerie", a souligné Khaled Issa lors 
d'une conférence de presse à Paris.  
     
    RÔLE DES KURDES JUGÉ CRUCIAL 
    Interrogé à ce sujet mardi, le porte-parole du ministère 
français des Affaires étrangères a rappelé les propos tenus par 
le chef de la diplomatie Jean-Marc Ayrault lors de sa visite 
lundi à Ankara. 
    "Nous avons un ennemi commun, Daech. Tous nos efforts 
doivent se concentrer sur la lutte contre ce groupe terroriste", 
a dit le porte-parole lors d'un point presse électronique.  
    Le rôle des FDS et de l'armée syrienne libre (ASL) est jugé 
crucial par la coalition en vue de l'isolement, et à terme, la 
reprise de Rakka, deux sujets qui doivent être abordés ce mardi 
à Paris lors d'une réunion de ministres de la Défense 
occidentaux à Paris  .  
    "Si les 13 ministres réunis à Paris aujourd'hui veulent 
libérer Rakka de Daech, ils doivent nous permettre (...) de 
couper les voies d'approvisionnement", a déclaré Khaled Issa. 
    "S'ils ne veulent pas que nous contrôlions toute la 
frontière avec la Turquie, cette tranche de frontière [pourrait 
être placée] sous le contrôle d'une force internationale, animée 
par exemple par la France", a-t-il suggéré.  
    La Turquie, qui redoute la formation d'une zone autonome 
kurde dans le nord de la Syrie, a fait savoir qu'elle était 
prête à participer à la reconquête de Rakka, mais sans les 
combattants kurdes.  
    L'armée turque a annoncé mardi que les rebelles de l'ASL, 
qu'elle soutient, avaient progressé sur trois front dans le nord 
de la Syrie au cours des dernières 24 heures  .  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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