Les jeunes profs de plus en plus séduits par une assurance spécifique

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Le contrat dédié aux personnels de l'Éducation nationale proposé par la Maif a déjà convaincu plus d'un enseignant sur deux. Les moins de 30 ans représentent 10% des bénéficiaires.

Une assurance pour se rassurer. C'est la stratégie adoptée par de plus en plus des enseignants, plutôt des jeunes nouvellement arrivés dans la profession. La Maif propose depuis 2008 un contrat d'assurance spécialement destiné aux personnels de l'Éducation nationale, qui comprend à la fois une protection juridique, un volet financier et un soutien moral, notamment grâce au partenariat avec les Autonomes de solidarité laïques (ASL).

La compagnie d'assurance privilégiée par les enseignants indique ainsi que 10% des bénéficiaires sont âgés de 18 à 29 ans. La progression du nombre de souscripteurs est plus rapide que la moyenne chez ces jeunes professionnels. «Ils sont conscients que les conditions d'exercice sont difficiles, que leur métier peut présenter des risques», indique-t-on du côté de la Maif. Joseph*, interrogé par l'Obs ,a ainsi contracté une assurance alors qu'il n'était encore qu'enseignant stagiaire, soit dès sa première année d'exercice.

L'assurance l'a bien compris et a fait de son offre dédiée aux jeunes enseignants un produit d'appel: pour un peu moins de 40 euros par mois, ces derniers bénéficient en plus de leur assurance professionnelle d'une assurance habitation et automobile.

Un recours à la procédure «trop marqué» dans l'Éducation nationale

Aujourd'hui plus d'un enseignant sur deux a choisi de contracter cette assurance et la moyenne des dossiers traités par la Maif en une année se situe entre 9000 et 9400. En grande majorité, les bénéficiaires concernés se tournent vers leur assureur pour avoir recours à la protection juridique, pour des insultes ou menaces (36% des dossiers) ou diffamation ou harcèlement (32% des dossiers).

L'assureur joue alors le rôle de médiateur, évitant parfois d'aller jusqu'à une procédure judiciaire inutile. La Maif note d'ailleurs que «le recours à la procédure est trop marqué» et qu'un certain nombre de différends pourraient être réglés avant même l'ouverture d'une procédure grâce à un meilleur dialogue avec la hiérarchie mais aussi les collègues. Au-delà des conseils juridiques et de la prise en charge des éventuels frais et honoraires d'avocat, la prestation de soutien psychologique est elle aussi un élément clé du contrat d'assurance, comme le raconte Laurence* dans les colonnes du Parisien .Accusée à tort de violence sur un de ses élèves, elle est convoquée au commissariat. «J'avais besoin de me sentir écoutée et d'être rassurée par un spécialiste. A la direction académique, personne n'a été là pour moi», contrairement à son conseiller juridique avec qui elle était régulièrement en contact.

Si le nombre de bénéficiaires augmente régulièrement depuis plusieurs années (+2,7% depuis 2011), la Maif refuse de parler d'une psychose qui pousserait les enseignants à souscrire ce type de contrat. «Les enseignants sont des professionnels avant tout et l'école n'est pas un lieu protégé des incivilités que d'autres professionnels peuvent eux aussi rencontrer sur leur lieu de travail», indique l'assureur. Selon une enquête de l'Insee datant de juillet 2014, plus d'un enseignant sur dix recevrait des menaces chaque année.

*Les prénoms ont été changés

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