Les japonais ne renoncent pas au marché automobile en Europe

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par Yoko Kubota

PARIS (Reuters) - Les constructeurs automobiles japonais souffrent de la déprime du marché en Europe, comme la plupart des généralistes, mais cela ne les dissuade pas de tenter de contrer la percée de leurs concurrents dans une partie du monde qui, malgré les difficultés, en vaut la peine à leurs yeux.

Au cours des huit premiers mois de l'année, toutes les marques nippones ont vu leurs ventes baisser en Europe, allant du repli modeste de 0,9% pour Toyota à la chute de 34,5% pour Mitsubishi Motors.

De leur côté, à la faveur d'une politique commerciale agressive, Hyundai a enregistré une hausse de 9,3% de ses livraisons sur la période et sa filiale Kia un bond de plus de 20%.

Contrairement aux fabricants japonais, handicapés par la vigueur du yen, les deux constructeurs sud-coréens profitent de la faiblesse du won et d'un accord de libre-échange conclu entre la Corée du Sud et l'Union européenne.

De 1,8% en 2007, la part de marché de Hyundai en Europe occidentale est passée à 3,2% à fin août 2012. Kia a gagné 0,9 point sur la période, à 2,4%.

Malgré des décennies de présence, les groupes japonais n'ont pas enregistré de progrès significatifs en termes de parts de marché en Europe occidentale, zone qui reste dominée par Volkswagen, PSA Peugeot Citroën, Renault, Fiat, Ford et General Motors.

Nissan, détenu à 44% par Renault, fait exception à la règle, le groupe étant le seul constructeur japonais à avoir progressé en Europe au cours des cinq dernières années, passant de 2,0% de part de marché en 2007 à 3,4% en 2012.

Le partenaire de Renault produit en Europe 80% de ses voitures vendues dans la région, ratio qui s'élève à 67% pour Toyota et 60% pour Honda.

UN MARCHE DE REFERENCE EN TERMES DE STANDARDS

Ceux qui ont une production locale moindre subissent de plein fouet la vigueur du yen qui est passé en cinq ans de 120 yens pour un dollar à environ 77 yens, rendant les exportations en provenance du Japon d'autant plus coûteuses.

"L'Europe est une région difficile pour les entreprises japonaises. Si en plus, on fait appel à des voitures venant du Japon, cela devient délicat sur le plan des exportations", a déclaré Karl Schlicht, vice-président exécutif de Toyota Europe.

En 2011, le système de production des groupes japonais a été perturbé par les conséquences du séisme et du tsunami du 11 mars et par les inondations en Thaïlande au cours de l'été.

A l'exception de Daihatsu - filiale de Toyota qui a décidé d'arrêter de vendre des voitures en Europe en raison des coûts élevés induits par la hausse du yen et la législation stricte en matière d'environnement -, tous les groupes japonais veulent rester en Europe.

Notamment parce que les règles strictes prévalant sur le Vieux Continent sont considérées comme étant source d'avancées technologiques.

"C'est ici que sont fixés tous les standards mondiaux pour les voitures. Si nous ne nous battons pas ici, nous ne pourrons pas nous battre ailleurs", a dit à Reuters Hiroshi Harunari, vice-président exécutif de Mitsubishi.

A titre d'exemple, les dirigeants japonais ont évoqué les normes Euro 5 et Euro 6 de l'UE qui limitent les émissions de gaz à effet de serre.

Malgré l'atonie de la demande provoquée par les mesures d'austérité, le taux de chômage élevé et les craintes concernant l'avenir, l'Europe de 27 représente encore 19% des nouvelles immatriculations mondiales, selon les chiffres de la European Automobile Manufacturers Association (ACEA).

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Matthias Blamont

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