" Les investisseurs vont revenir sur les actions américaines"

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(NEWSManagers.com) - Grant Bowers, vice-président de Franklin Global Advisers présente le fonds de croissance Franklin US Opportunities qu'il gère et revient également sur les opportunités dont recèle le marché américain.

NewsManagers : Le fonds Franklin U.S. Opportunities célèbre cette année son dixième anniversaire. Quel bilan tirez-vous de cette période ?
Grant Bowers : Je n'ai pas participé au lancement du fonds. Je m'en occupe depuis 2005. Mais je peux vous assurer une chose : nous n'avons jamais dévié d'un iota dans notre approche d'investissement. Le fonds peut être très justement défini comme un fonds growth exclusivement dédié aux entreprises américaines. Nous recherchons en priorité des entreprises de qualité, -avec un management fort, un niveau d'endettement faible, et un free cash flow élevé- occupant des positions de numéro un ou deux dans leur secteur et offrant de fortes perspectives de croissance. Nous investissons ainsi dans de grosses capitalisations comme Apple mais nous n'hésitons pas non plus à prendre position dans une société de taille moyenne si nous pensons qu'elle peut doubler, voire tripler de taille dans les trois à cinq ans. Nous regardons aussi si les opportunités de croissance que nous avons identifiées sont déjà inscrites dans le cours de Bourse. Nous sommes attentifs au benchmark mais nous ne sous sentons pas liés à son évolution.
NM : Comment avez-vous traversé la crise ?
G.B. : La désaffection pour les actions nous a aussi touchés mais depuis l'été 2009, la situation s'est stabilisée et sur les premiers mois de 2010, nous enregistrons une collecte nette sur le fonds. A fin février, les actifs du fonds s'élevaient à près de 1,5 milliard de dollars, dont 960 millions de dollars hors Etats-Unis, l'Europe représentant autour de 70% de ce montant. A fin mars, le fonds affichait une performance de 50,23% sur un an et de 5,20% sur cinq ans.
NM : L'intérêt pour les actions reste encore timide. Pensez-vous que les investisseurs vont revenir sur cette classe d'actifs ?
G.B. : Je suis en tout cas persuadé que les investisseurs vont revenir sur les actions américaines. Du côté retail, les réticences sont encore grandes, mais les institutionnels commencent à bouger. C'est de mon point de vue justifié car l'économie américaine, la première à sombrer, est aussi la première à se redresser. Et de nombreux indicateurs économiques reviennent dans le vert, jusqu'aux prix dans l'immobilier qui sont repartis à la hausse, à partir de niveaux très bas je vous l'accorde. Mais dans le monde développé, c'est l'économie américaine qui va enregistrer la croissance la plus forte. Et la flexibilité a aussi permis que les entreprises américaines jouissent d'une bonne santé financière qui leur donne la possibilité de profiter des opportunités de croissance. La préférence massive donnée au fixed income devrait donc s'estomper dans les prochains mois. D'autant plus que les statistiques montrent bien que les périodes chahutées, avec des rendements calamiteux, ont toujours été suivies de périodes fastes avec des rebonds très significatifs de la rentabilité?
NM : Où vont actuellement vos préférences ?
G.B. : Nous sommes surpondérés sur les valeurs technologiques, la santé et l'énergie et sous-pondérés sur la consommation, les utilities et les matériaux de base. Nous sommes sortis récemment de la consommation discrétionnaire. Nous avons toujours entre 60 et 80 lignes avec un taux de rotation modeste au moins pour les vingt plus importantes positions qui représentent environ 50% du portefeuille, en outre très diversifié, toutes capitalisations mais également multi-secteur.
NM : Vous n'évitez pas certains secteurs ?
G.B. : Nous n'avons jamais investi dans l'immobilier, dans les sociétés de crédit, ou encore dans les bancaires. Mais l'an dernier, nous avons investi de manière sélective dans le secteur financier. Nous avons pris une position dans Lazard en raison de son positionnement sur les fusions/acquisitions qui devraient animer les marchés dans les prochaines années. Et au quatrième trimestre 2009, nous avons aussi investi dans BofA, en raison de ses positions dominantes dans le retail, le mortgage, le conseil ( Merrill Lynch) et la gestion d'actifs (BlackRock). Dans l'industrie financière, le pire et derrière nous et les entreprises qui survivront seront vraiment très solides.
NM : Le développement durable constitue-t-il chez vous un thème d'investissement ?
G.B. : Oui, c'est une composante qui a pris du poids, le management, la gouvernance, l'attention à l'environnement. Mais malheureusement, la réalité reste bien souvent très en deçà du discours.


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