Les investisseurs voient dans le championnat d'amLeague un précieux outil d'aide à la décision

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(NEWSManagers.com) - Dans le cadre d' un partenariat exclusif avec la société amLeague qui produit des données de performances de mandats notionnels aux contraintes communes à différentes sociétés de gestion, Newsmanagers communiquera chaque mois les performances des gérants au sein des catégories mises en place. En l'occurrence, nous reprenons ici les trois premiers portefeuilles qui ont été crées le 30 juin 2010, chacun représentant un univers d' investissement et un type de gestion définis : un portefeuille totalement investi en actions européennes, un autre en actions de la zone euro, et un dernier, également investi sur la zone euro, qui autorise une gestion flexible. Dans ce contexte, la compétition entre sociétés de gestion au sein des trois catégories s'apparentent à un véritable championnat.

Chaque mois, la communication des performances des gérants en lice s' accompagnera également d' une table ronde animée par la rédaction de Newsmanagers en présence des responsables d'amLeague, de plusieurs investisseurs institutionnels - membres du Club amLeague - et de différentes sociétés de gestion. Un compte-rendu ainsi qu' une version intégrale des propos tenus à cette occasion seront publiés ensuite.


La première table ronde qui s'est tenue à Paris, jeudi 6 janvier, en la présence d' Antoine Briant et de Vincent Zeller, respectivement CEO et directeur d'amLeague, a été l'occasion pour cinq investisseurs institutionnels de s'exprimer sur l'intérêt de disposer, via le championnat d'amLeague, d'un nouvel outil d'aide à la décision. Invités pour la circonstance, Jean-Claude Guimiot, directeur général d' Agrica, Thierry Dissaux, président du directoire du Fonds de Garantie des Dépôts, Sylviane Masson, directrice de la multigestion d' AG2R La Mondiale, Henri Jacks, directeur financier de B2V, François Marbeck, directeur du portefeuille de diversification de La Banque Postale ont également précisé leurs attentes en matière d'informations et de transparence avant de confier des capitaux à une société de gestion.

De leur côté, Catherine Garrigues, responsable de la gestion actions d' Allianz GI et Marc Renaud, président de Mandarine Gestion, deux " asset managers" également présents, ont justifié leur participation à cette " compétition" en souhaitant, notamment, que celle-ci devienne une norme de place.

Un championnat pour juger de façon objective

Concrètement, sur l' intérêt du championnat amLeague, Jean-Claude Guimiot a tout d' abord insisté sur l'importance de l'aspect humain de la gestion. Sans négliger l'intérêt des chiffres ou des techniques utilisées, la personnalité du gérant a, selon lui, son importance. " Ce qui est intéressant, c' est de connaître ses motivations et d' arriver à comprendre comment il fonctionne" , a-t-il insisté, car ce sont ces critères qui conduiront à prendre des décisions d' investissement ou de désinvestissement. En pratique, il faut donc savoir ce que fait le gérant, ce qui le motive, s' il est capable de tenir des positions, s' il ne se laisse pas influencer par une surperformance momentanée pour changer de style, d' idée alors que rien d' autre ne le justifie. Dans ce contexte, la performance est une chose mais elle n'est intéressante que si elle est couplée aux motivations du " pilote" . Ce qui est intéressant, c' est ce qu' il y a derrière la performance. " Un résultat peut-êtremoins élevé, mais obtenu d' une manière facile à cerner et que le gérant maîtrise et peut expliquer vaut mieux qu'un gain qui peut s' apparenter à de la chance" , a-t-il expliqué.

Thierry Dissaux a pour sa part insisté sur le " confort extrême pour un investisseur institutionnel de disposer via le championnat d'amLeague, de données objectives et comparables entre un certain nombre de types de gestion" . Avec une période d' observation plus longue ? elle n' est que de six mois actuellement - l' évolution de la performance raconte une histoire qui grâce à des graphiques et les explications du gérant, servent de base à un dialogue. " Nous pourrons mieux comprendre les explications que le gérant nous donnera sur la stratégie qu' il a suivie et les raisons de sa sousperformance momentanée et bien évidement de sa surperformance lorsqu' elle viendra, a-t-il noté" . Sur le plan quantitatif, Jean-Claude Guimiot s'est d'ores et déjàdit comblé. " Ce qui me frappe, c'est la richesse de l'information qu'on peut tirer des tableaux dont on dispose."

Pour Sylviane Masson, le championnat est intéressant car il permet de disposer d'un univers homogène et de pouvoir comparer un gérant par rapport à d'autres. La responsable à l' AG2R La Mondiale a par ailleurs noté qu'il était très courageux de la part des gérants d' avoir accepté de rentrer " dans le jeu" . La partie qualitative est fondamentale dans le choix d'un gérant, a-t-elle noté mais la partie quantitative peut permettre de découvrir l'existence d' autres gérants.

De son côté, Henry Jacks a confirmé que les performances, si elles sont naturellement intéressantes pour un investisseur, doivent être regardées en fonction du risque pris. Dans ce cadre, amLeague, permet de " jauger" véritablement les gérants et de comparer l'ensemble des sociétés de gestion. Pour autant, Henri Jacks a noté que ce ne serait pas forcément le meilleur qui pourra être retenu dans un appel d' offres demain, car une observation de six mois est insuffisante. En l' occurrence aujourd' hui, le directeur financier peut juger un de ses gérants avec un prisme légèrement différent en bénéficiant d' une information qui lui manquait réellement. " J'aime juste voir ce qui se passe, quels sont les paris, d'autant plus que derrière, c'est le marché. Cela m'aide pour bien comprendre ce que pensent les gens car j'ai aussi une gestion en direct" . Dans ce contexte, Henry Jacks, a également reconnu qu'il regarderait désormais à deux fois les résultats de l' appel d' offres avec le prisme amLeague tout en notant que des gérants en situation monopolistique en France ne concourent pas, ce qui est regrettable.

François Marbeck s'est tout d'abord intéressé au côté appel d' offres banc d' essai permanent du championnat amLeague. " Pour les petites gestions, qui n' ont pas toujours les structures pour répondre aux RFP (Ndlr : Request for Proposal) avec des équipes solides, cela peut être une voie détournée de participer facilement à la compétition institutionnelle" , a-t-il relevé. Par ailleurs, l' établissement de règles communes de façon indiscutable sont, selon lui, appréciables, comme le fait que les sociétés de gestion ont le courage de se mettre sur " la ligne de départ" . " Elles osent et démontent ainsi qu' elles ont suffisamment confiance dans leur process et leurs équipes pour y aller. C' est un gage de confiance" , a-t-il remarqué. Enfin, cet observatoire a un rôle important dans la durée pour vérifier la régularité des performances des différents intervenants.

Quels asset managers tirent le plus profit du championnat ?

A qui profite le championnat ? Sur ce point, Jean-Claude Guimiot a estimé qu' il " profite probablement aux petites sociétés de gestion qui peuvent ainsi se faire connaître" . Et si les grandes maisons ne viennent pas, " c'est parce qu'elles savent qu'elles ne sont pas compétitives" , ajoute-t-il. " On ne pourra qu'interpréter négativement le fait qu'elles restent complètement en dehors de l'initiative" , a affirmé de son côté Thierry Dissaux, qui a souligné toutefois que " le sujet des petites ou grandes sociétés de gestion ne se pose pas vraiment" . François Marbeck pour sa part a estimé que les grands gagnants potentiels, " sont les grandes maisons étrangères, " pure players" de la gestion, pas vraiment adossées à un groupe bancaire, qui ne se sont construites que sur leur " track record" et qui ont la possibilité de le prouver à armes égales avec d'autres" .

Reste la question cruciale de savoir quand les investisseurs institutionnels prendront-ils la décision de confier un mandat à une société de gestion qui concourt. Tous les intervenants sont bien évidemment unanimes à relever que le panel est encore un peu jeune. Mais ils indiquent aussi que l'initiative d'amLeague peut constituer un outil d'aide à la décision. " Ce n'est pas amLeague qui a fait qu'on investit, mais cela accélère les choses" , a confié François Marbeck. " Cela peut éveiller des curiosités et donner envie de creuser" , a indiqué pour sa part Sylviane Masson.

Des gérants qui n' ont pas peur de la transparence

Par ailleurs, interrogés sur les raisons qui les ont incités à participer au " concours de beauté" que représente le palmarès amLeague, Catherine Garrigues et Marc Renaud ont avancé des motivations très voisines. " Nous n'avons rien à cacher (?) Tous ces éléments sont des chiffres que nous donnons et que nous mettons tous les mois dans nos reportings à nos clients" , indique Catherine Garrigues tandis que Marc Renaud " ne pense pas qu' il s' agisse de courage" . Concrètement, Mandarine Gestion n'a pas de réseau captif et si elle " n'a pas de performance" , elle n'a " rien à vendre" , a-t-il précisé. Et le manager d'ajouter : " Je n' ai rien de plus à risquer à montrer à tout le monde ce que je fais. Et c' est un jeu qui mérite d' être joué parce qu'il est stimulant." En termes d' émulation, rien ne vaut, selon lui, un classement pour que le gérant soit " titillé" . D'autre part, Marc Renaud a souligné que Mandarine participe au concours amLeague aussi parce qu'il pense que cela peut devenir une norme de place. " Dans ce cas" , a-t-il ajouté, " nous serons contents d' avoir été présents au début" .


Enfin, pour conclure, Jean-Claude Guimiot a rappelé que l' intérêt d' amLeague n' était pas de faire prendre conscience aux grands établissements qu' il faut faire des progrès, mais que les investisseurs puissent avoir un panel et un élément supplémentaire " pour juger ce sur quoi on a une certaine latitude, c'est-à-dire les sociétés moyennes" .

info NEWSManagers

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