Les investisseurs professionnels pèchent par excès de confiance

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(NEWSManagers.com) - Les investisseurs professionnels français ne manquent pas de confiance en leurs capacités à bien gérer les investissements qu'on leur a confiés, bien au contraire. Ils sont très souvent victimes de leur excès de confiance, un biais comportemental qu'ils partagent d'ailleurs avec les investisseurs particuliers. C'est ce qui ressort d'une étude de deux chercheurs de l'Université de Strasbourg réalisée en partenariat avec Morningstar et CCR Asset Management (" Excès de confiance, perception du risque et prise de risque : le cas des professionnels de la finance" par MH.Brouihanne, M.Merli et P.Roger, juin 2011).

L'objet de l'étude, rédigée sur la base d'un questionnaire auprès de 61 professionnels de la finance (directeurs financiers, gérants de portefeuilles, responsables trésoreries?), est de mettre en lumière les facteurs sous-jacents à la propension à prendre des risques. Les répondants sont majoritairement des hommes (52 sondés), âgés en moyenne de 44 ans.

Deux séries de 10 questions, portant sur la culture générale et sur la culture financière, ont été posées aux participants, qui pouvaient choisir entre des réponses sous forme d'intervalles. Concrètement, à la question " Quelle est la longueur du Rhône en kilomètres ?" , on pouvait très bien répondre " entre 0 et 5000 km" ou " entre 750 et 850 km" . Les deux réponses sont bonnes, puisque le Rhône fait 812 km de long, mais le risque pris n'est pas le même. Or, en moyenne, les professionnels ont eu un score de 4,94 bonnes réponses sur 10 en culture générale et de 4,74 sur 10 en culture financière. De fait, les auteurs notent que le décalage est particulièrement important entre le nombre de bonnes réponses attendues par les personnes interrogées et leurs scores finaux. " Nous assistons clairement à un excès de confiance de la part des professionnels de la finance" , souligne Maxime Merli, un des auteurs de l'étude, " surtout que les erreurs commises sont exclusivement liées à des intervalles de confiance trop étroits, soit des erreurs de calibrage, et non à des réponses aberrantes" , ajoute le chercheur de l'Université de Strasbourg.

Autre enseignement de l'étude : contrairement à ce que l'on pourrait attendre, avec cinq titres de sociétés pris comme base, les professionnels sondés anticipent une volatilité très inférieure à la moyenne historique, quelle que soit la fenêtre d'estimation retenue (1 à 3 ans, avec ou sans la crise). Victimes de leurs certitudes, les investisseurs professionnels laissent libre cours à leurs biais comportementaux. " Cet excès de confiance conduit les professionnels à des prises de risque importants" , notent les auteurs de l'étude, qui soulignent que ce type de comportement se retrouve chez de très nombreuses corporations de spécialistes, comme les médecins, les juristes ou les étudiants.

info NEWSManagers

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