Les investisseurs inquiets pour la croissance

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(NEWSManagers.com) - Dans le sillage récent de la flambée du pétrole, les investisseurs affichent quelques inquiétudes quant à la rentabilité des entreprises et à la poursuite de la croissance mondiale, selon la dernière enquête réalisée par BofA Merrill Lynch entre les 4 et 10 mars auprès d'un échantillon de 203 gérants pesant un peu plus de 600 milliards de dollars.
Les investisseurs ne sont plus que 32% en net à miser une croissance des bénéfices des entreprises, contre 51% le mois précédent. Ils sont en outre 31% à considérer que les estimations de bénéfices du consensus sont trop élevées. Alors qu'ils étaient encore 10% à envisager une progression des marges en janvier, les investisseurs sont désormais 24% à prévoir une baisse des marges au cours des douze prochains mois.

Cette moindre confiance se retrouve dans les perspectives macroéconomiques. On ne compte plus que 31% d'allocataires tablant sur un renforcement de la croissance au cours des douze prochains mois, contre 51% le mois dernier. Aux Etats-Unis, le recul est même plus marqué, à 21% contre 52% le mois précédent.
Les perspectives de stagflation sont à nouveau à l'ordre du jour. En l'espace de deux mois, la proportion des gérants anticipant une croissance en dessous de la tendance et une inflation supérieure à la tendance a doublé à 38%. Les investisseurs ne croient plus à une montée des taux d'intérêt dans l'immédiat en raison du choc pétrolier. Les trois quarts d'entre eux envisagent un relèvement des taux dans les douze mois. Mais sur la même période, la courbe des taux pourrait s'aplatir, pour 35% des gérants contre 14% en février. Côté européen, pas moins de 72% des gérants estiment que la Banque Centrale Européenne va relever ses taux avant le mois de juillet. En février, personne ne croyait à un tel scénario.

Cela dit, le changement en faveur de la stagflation pourrait être de courte durée si les prix du pétrole repartent à la baisse. " Il n'y a pas eu de vente massive. Les investisseurs se sont mis en attente" , relève Gary baker, responsable de la stratégie actions européennes chez BofA Merrill Lynch Global Research.

Dans ce contexte, les investisseurs ont accru leur poche de liquidité : ils sont 18% à se dire surpondérés sur le cash alors que 3% d'entre eux étaient sous-pondérés le mois précédent. Ils ont aussi diminué leur exposition aux actions et aux matières premières. Ils ne sont plus que 45% en surpondération sur les actions contre 67% en février. Mais cette retenue ne s'est pas traduite par un regain d'intérêt pour les obligations, les investisseurs demeurant sous-pondérés sur cette classe d'actifs (59%).

On observe par ailleurs que l'érosion de la confiance vis-à-vis des marchés émergents est en train de diminuer. Les gérants de fonds de la zone ne sont plus que 15% à prévoir un ralentissement de l'économie chinoise contre 27% en février. En outre, les craintes autour du marché immobilier chinois ne sont plus aussi marquées que précédemment.


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