Les intrus de la centrale de Nogent échappent à la sanction

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PARIS (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Troyes (Aube) s'est déclaré incompétent mardi pour se prononcer sur les poursuites visant neuf militants de Greenpeace qui avaient pénétré dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine le 5 décembre pour alerter l'opinion.

Les juges ont estimé que le délit n'était pas une violation de locaux professionnels comme le soutenait le parquet mais une intrusion sur un site relevant de la défense nationale, pour laquelle seul le tribunal de Reims est régionalement compétent. Le tribunal suggère donc au parquet de renvoyer le dossier à cette juridiction.

Par ailleurs, les gardes à vue de trois des militants ont été déclarées irrégulières sur la forme par les juges, a précisé à Reuters Sophia Majnoni, porte-parole de Greenpeace France.

"C'est un désaveu pour le parquet et ça a le mérite de clarifier les choses", a-t-elle déclaré. Un autre procès reste toutefois possible, selon elle.

A l'audience, en janvier, des peines de quatre à six mois de prison avec sursis avaient été requises par l'accusation contre les neuf militants de Greenpeace, ainsi que des peines d'amendes complémentaires de 1.000 à 1.500 euros pour chacun des prévenus.

Greenpeace France avait protesté contre ces réquisitions, qu'elle considère comme sévères, puisque selon elle ses militants ne sont coupables que d'avoir "dévoilé la vérité" sur le risque présenté par les centrales.

Par cette action en effet, elle estime avoir exposé les failles possibles des centrales françaises, qui fournissent 75% de l'électricité du pays.

Les militants ont, selon Greenpeace, franchi trois enceintes à Nogent et réussi à atteindre l'un des réacteurs, se hissant sur le dôme et déployant une banderole où l'on pouvait lire : "Le nucléaire sûr n'existe pas". Greenpeace avait aussi mené le même jour des actions moins spectaculaires sur d'autres sites.

EDF a minimisé l'incident en expliquant qu'il avait repéré les militants mais avait choisi de ne pas les arrêter tout de suite. Le gouvernement a néanmoins ordonné une refonte des procédures de sécurité.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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