Les intermittents menacent les festivals d'été

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LES INTERMITTENTS MENACENT LES FESTIVALS D'ÉTÉ
LES INTERMITTENTS MENACENT LES FESTIVALS D'ÉTÉ

PARIS (Reuters) - Les intermittents du spectacle font planer une menace sur la tenue des festivals d'été pour contraindre le gouvernement à refuser d'entériner l'accord sur l'assurance chômage du 22 mars et rouvrir les négociations avec les partenaires sociaux.

Le ministre du Travail, François Rebsamen, a affirmé mercredi qu'il signerait la nouvelle convention de l'Unedic, parce que "l'existence même" de ce régime "était gravement menacée par le Medef".

L'organisation patronale proposait initialement d'aligner le régime des intermittents, qui les indemnise entre deux spectacles, sur le droit commun ou, à défaut, de mettre à la charge de l'Etat son surcoût évalué à 320 millions d'euros.

Mais la solution retenue par les partenaires sociaux "garantit l'essentiel des droits à l'indemnisation des intermittents et protège notamment les plus précaires d'entre eux", a estimé François Rebsamen devant les députés.

Or, les artistes et techniciens du spectacle jugent l'accord insuffisant et tentent par une stratégie de harcèlement d'ouvrir une brèche au sein même du gouvernement.

Après le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis et la maire PS de Lille, Martine Aubry, celle de Paris, Anne Hidalgo, a réclamé la réouverture des discussions, selon Le Monde.fr.

"Cet accord ne me semble pas à la hauteur d'une réforme progressiste et nécessaire du statut de l'intermittence", écrit-elle à François Rebsamen.

Dans Libération, une soixantaine de directeurs de théâtres, de festivals et de compagnies en appellent au Premier ministre, Manuel Valls. "Il serait sage d'entendre enfin la juste colère des artistes, des techniciens, des professionnels de la culture", écrivent-ils.

Sur le terrain, différents collectifs tentent de faire monter la pression, menaçant par exemple de déclarer personae non grata les membres du gouvernement dans les festivals.

MENACE SUR LE PRINTEMPS DES COMÉDIENS

A Montpellier, la première représentation de La Traviata de Verdi à l'Opéra-Comédie de la ville a été annulée mercredi soir après l'occupation du plateau par plusieurs centaines d'intermittents.

Dans la foulée, une grève des techniciens du Théâtre national de Toulouse (TNT) a provoqué l'annulation de la "Nuit des Publivores" qui devait être projetée jeudi soir, selon la Coordination des intermittents et précaires (CIP).

Les techniciens de l'équipe de "Plus Belle la Vie" à Marseille ont voté la grève pour vendredi, précise-t-elle.

Parallèlement, l'équipe du Printemps des Comédiens, qui se déroule également à Montpellier, est en grève depuis mardi, ce qui laisse planer un doute sur la tenue du festival.

Plusieurs antennes du ministère du Travail ont été occupées mercredi à Marseille, Metz et Nancy, selon la CGT Spectacle, qui appelle à une journée d'action le 16 juin, à l'occasion du Conseil national des professions du spectacle (CNPS).

Les détracteurs du régime des intermittents du spectacle mettent en avant le fait que 100.000 personnes perçoivent plus de 1,3 milliard d'euros pour 240 millions de cotisations.

La nouvelle convention Unedic plafonne le cumul revenus d'activités-indemnités des intermittents à 175% du plafond de la Sécurité sociale, soit 5.475,75 euros bruts par mois.

Elle introduit un délai de carence pour leur prise en charge par l'assurance chômage et augmente le taux global de leurs cotisations et de celles de leurs employeurs de 10,8% à 12,8%.

Face à la mobilisation, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a évoqué mardi des "pistes", comme des "Assises de l'intermittence", ou un fonds d'aide aux intermittents les plus précaires.

Mais ces propositions ont ravivé la colère des intermittents, qui refusent "une oeuvre de charité pour nos pauvres" et réclament "un accord juste et équitable".

"Nous attendons d'un gouvernement de gauche autre chose que des assises dilatoires et la promesse d'une caisse de bienfaisance", écrivent les directeurs de théâtre et de festivals dans Libération.

(Gérard Bon, avec Emanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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  • 84188637 le jeudi 5 juin 2014 à 20:35

    un véritable artiste est capable d'aller faire des petits boulots ou de bosser à l'usine et d'éxercer son art en dehors , j'en connais , , la plupart des grands talents (les vrais ) de la chanson ou du thêatre , ciné , ont pas mal galéré , ils n'attendaient pas une rente à vie , aujourd'hui être intermittent c'est surtout profiter d'un systeme bien gras d'allocations chômage

  • M9244933 le jeudi 5 juin 2014 à 20:26

    Qui d'autre a un système d'indemnisation aussi extravagant? Et fait payer ceux qui ne l'ont pas? Conception indécente d'équité.

  • M4841131 le jeudi 5 juin 2014 à 20:10

    le métier "intermittent" doit être supprimé comme bien d'autres choses dégueulasses : retraites de la fonction publique, régimes spéciaux, assocs en tous genrse parasites, cumul des mandats politiques, etc.......

  • M3121282 le jeudi 5 juin 2014 à 20:05

    En France, on rémunère la capacité de nuisance et de blocage, et les premiers de la classe se trouvent être la plupart de nos sénateurs, députés et "élites" (enfin si on peut dire) politiques qui défendent becs et ongles leurs avantages exorbitants

  • M7097610 le jeudi 5 juin 2014 à 19:39

    ils faut les financer quand ils sont pauvres et s'ils deviennent riches, ils partent en Russie, Angleterre et ailleurs tout en dénonçant les impôts et charges sociales... Comment croient ils avoir été payés pendant des dizaines d'années ?? Par les cotisations qu'ils dénoncent une fois riches ! Ce sont les autres salariés qui paient ! ça suffit !

  • M4426670 le jeudi 5 juin 2014 à 19:13

    L'équité consisterait à aligner leur "régime" sur celui des autres salariés... Le "nuit du 04 aout" se précise....

  • M940878 le jeudi 5 juin 2014 à 19:13

    en fait il faut boycotter tous leurs spectacles et festivals pendant un an , ils seront bien obligés de se mettre à la recherche d'un vrai travail et de ne plus vivre sur le dos des contribuables

  • M940878 le jeudi 5 juin 2014 à 19:10

    on s'en fout des intermittents et de leur spectacle actuel qui est pitoyable

  • 2445joye le jeudi 5 juin 2014 à 15:16

    On a une vie intérieure suffisamment riche pour pouvoir se passer d'eux. Qu'ils aillent ramasser les melons ou châtrer le maïs.

  • mfouche2 le jeudi 5 juin 2014 à 14:11

    enfin une bonne nouvelle ! les français echapperont peut être à beaucoup de spectacles de sous culture, affligeants de nullité