Les institutionnels français devraient mieux soutenir les jeunes pousses

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(NEWSManagers.com) -

En France, le secteur de la gestion d'actifs se caractérise par un foisonnement de sociétés que la crise a ralenti mais pas fondamentalement remis en cause. Parallèlement, on observe toutefois des réticences persistantes face aux risques propres des sociétés de gestion de portefeuille (SGP) entrepreneuriales.

" La réalité est que les investisseurs se privent souvent de la diversité de l'offre qui leur serait éligible et de solutions d'investissements innovantes" , a estimé le 18 décembre Jean Eyraud, président de l'AF2i, à l'occasion de la septième édition des Emerging Manager Day organisée mercredi par Morningstar en partenariat avec NExT AM et Cedrus.

Jean Eyraud a ainsi appelé investisseurs et sociétés de gestion à mettre en pratique la charte SGP-Investisseur lancée il y a deux ans, déplorant que seulement 32 sociétés de gestion sont signataires à ce jour de la charte, " ce qui n'est franchement pas suffisant" , a-t-il lancé." J'espère que l'an prochain, ces 32 sociétés de gestion auront doublé, au moins doublé!" , a-t-il insisté.

Cela dit, l'un des obstacles à la prise de langue entre investisseurs et SGP concerne les craintes relatives à la maîtrise des risques. Les petites sociétés de gestion ne sont-elles pas plus risquées que les grandes SGP ? Au-delà de tous les risques identifiés (de réputation, informatiques, légaux), " le risque de disparition est une vraie préoccupation" , a estimé Jean-Christan Parodi, responsable du compte propre la CDC. D'où la nécessité de bien vérifier un certain nombre d'éléments clé tels que l'organisation, les processus de gestion ou encore le business plan.

En ce qui le concerne, Christian Jimenez indique avoir opté avec Diamant Bleu, qu'il dirige avec Hugues Le Maire, pour une gestion asymétrique du risque, avec aussi bien des stop-loss que des stop-win de manière à capter davantage de hausse que les fonds ne participent à la baisse. Et la préoccupation centrale pour une gestion flexible comme celle de Diamant Bleu reste le risque de liquidité : toutes les positions sont à liquidité quotidienne, comme le fonds. Sur ce point Morgan Rossi, de RCube, déplore que le régulateur ne dise pas comment calculer le risque de liquidité sur les dérivés, surtout dans un environnement où une grande partie des ordres sont annulés avant exécution.

Tous les intervenants lors de l'Emerging Manager Day sont convenus que, pour réussir, il faut qu'une petite ou nouvelle société de gestion allie les talents au moins d'un gestionnaire de produits, d'un responsable de l'organisation, et d'un commercial, voire d'un spécialiste de la conformité. A ce propos Eric Pinon, directeur général délégué d' Acer Finance et président de la commission des SGP entrepreneuriales de l' AFG, n'est manifestement pas fâché que l'Autorité des marchés financiers ( AMF) se trouve en situation partielle de subordination à l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou Esma), car elle découvre à son tour, concrètement, la difficulté de faire appliquer " des réglementations difficilement applicables" .

Alain Leclair, qui dirige le fonds de place Emergence, a pour sa part rappelé la nécessité pour la gestion les institutionnels français de " jouer collectif" et de " chasser en meute" comme les Britanniques ou les Allemands, de " mutualiser les moyens" pour donner aux jeunes pousses la taille critique et la capacité de lever des capitaux hors de France. D'ailleurs, à titre d'exemple, le ticket d'entrée dans le futur deuxième compartiment " equity Europe" d'Emergence sera de 50 millions d'euros, alors qu'il n'était que de 30 millions pour le premier, Performance Absolue.

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