Les infirmiers et aides soignants en mal de reconnaissance se mobilisent

le , mis à jour à 10:28
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Des manifestations sont prévues ce mardi dans tout le pays pour dénoncer la dégradation des conditions de travail des personnels hospitaliers. Une nouvelle mobilisation qui s'annonce "historique" selon la présidente de la Coordination nationale infirmière.

La principale revendication des personnels hospitaliers concerne les conditions de travail, "très dégradées quelque soit notre secteur d'exercice", assure Nathalie Depoire. (Ici le 31 mai 2013 à l'Hotel-Dieu à Paris - Illustration) ( AFP / FRED DUFOUR )
La principale revendication des personnels hospitaliers concerne les conditions de travail, "très dégradées quelque soit notre secteur d'exercice", assure Nathalie Depoire. (Ici le 31 mai 2013 à l'Hotel-Dieu à Paris - Illustration) ( AFP / FRED DUFOUR )

"On est là pour soigner, pas pour prendre des coups, ça suffit !", s'insurge ce mardi 8 novembre Nathalie Depoire, présidente de la Coordination nationale infirmière à France Bleu Belfort-Montbéliard. Pour la deuxième fois en deux mois, les infirmiers, mais aussi les aides-soignants et autres personnels hospitaliers, sont appelés à se mobiliser ce mardi contre la dégradation de leurs conditions de travail et la rigueur budgétaire affectant la santé.

Grève nationale, rassemblements partout en France... Les fédérations FO, CGT, SUD et CFTC de la fonction publique hospitalière, mais aussi, fait rare, une vingtaine d'organisations infirmières salariées, libérales ou étudiantes, ont choisi la même date pour tirer la sonnette d'alarme. Cette nouvelle mobilisation qui rassemble le privé et le public s'annonce "historique" selon Nathalie Depoire. À Paris, un cortège doit s'ébranler vers 10h30 de Montparnasse en direction du ministère de la Santé dans le 7e arrondissement, où seront reçues des délégations, selon les syndicats.

VICTIMES DES RESTRICTIONS BUDGÉTAIRES

"Étranglement budgétaire", manque de personnel, augmentation de l'activité, cadences infernales... Les griefs sont nombreux et partagés, même si l'intersyndicale FO-CGT-SUD et le mouvement unitaire infirmier ont chacun leurs revendications propres. Cet été, les suicides de plusieurs soignants, dont au moins cinq infirmiers, ont mis en lumière une souffrance grandissante, affirment les syndicalistes, même si ces drames sont toujours "multifactoriels".

La principale revendication de la profession concerne les conditions de travail, "très dégradées quelque soit notre secteur d'exercice", explique Nathalie Depoire sur France Bleu. Dans les colonnes du Monde, elle estime que les personnels soignants "sont les premières victimes des économies majeures que l’on demande aux hôpitaux pour rétablir les comptes de la Sécurité sociale". Les réformes de ces quinze dernières années, comme l'instauration de la tarification à l'activité pour financer les hôpitaux "à l'acte", ont en effet déstabilisé les personnels, principale variable d'ajustement en période de restrictions budgétaires.

DES MESURES POUR GARANTIR LA QUALITÉ DES SOINS

Dans ce contexte, l'intersyndicale FO-CGT-SUD continue de réclamer l'"abandon" du plan d'économies de "3,5 milliards d'euros" sur trois ans d'ici à 2017, "l'arrêt des fermetures de lits" ou encore l'"abrogation de la loi santé" et de ses groupements hospitaliers de territoire (GHT), qui font craindre des restructurations. De leur côté, les 17 organisations infirmières souhaitent mettre en avant leur profession, exercée par plus de 600.000 personnes en France et pourtant "méprisée" par les pouvoirs publics, selon le collectif. Valorisation des salaires en adéquation avec les compétences ou la pénibilité du travail, inclusion des infirmières dans les discussions sur le système de santé ou encore meilleurs droits sociaux pour les étudiants font partie des doléances. "On attend des mesures urgentes pour garantir la qualité et la sécurité des soins", résume Nathalie Depoire.

Avec "1,2 million de personnes âgées et malades chroniques" à leur charge, les infirmiers libéraux ont une place "légitime" dans l'organisation des soins, souligne Philippe Tisserand, de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), prônant un statut d'"infirmière référente" sur le modèle du médecin traitant.

Interrogée sur RTL, Marisol Touraine a redit lundi soir qu'elle présenterait "d'ici la fin du mois ou au début du mois de décembre au plus tard (...) une stratégie pour améliorer les conditions de travail, pour entendre la souffrance ou le mal-être lorsqu'ils sont là" chez les soignants. Et la ministre de rappeler que "depuis 2012, l'hôpital c'est 10 milliards d'euros de plus".

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  • jmlhomme il y a 4 semaines

    Les policiers non reconnus....les pompiers...... les paysans.....les entrepreneurs....les politiques mal aimés... les femmes en mal d'équité.........arretez donc de gemir et bossez plus non pour vous mais pour les autres ( par altruisme ...... ) et si vous n'aimez pas votre métier.....si vous n'etes psa content de votre salaires ou de vos conditions ......changez de métier ou créer votre emploi mais arretez de gémir

  • corwin il y a 4 semaines

    Dégradation des conditions de travail? On ne les laisse donc plus discuter à 4 ou 5 à porté de voix de quelqu'un en train de souffrir d'une colique néphrétique sur un brancard le long d'un couloir pendant des heures comme ça m'est arrivé? Pauvres choux...