Les inégalités territoriales s'aggravent

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LES INÉGALITÉS TERRITORIALES S'ACCROISSENT
LES INÉGALITÉS TERRITORIALES S'ACCROISSENT

PARIS (Reuters) - Les inégalités territoriales entre une quinzaine de grandes métropoles françaises et une France périphérique et rurale à l'écart des grands courants économiques s'aggravent, selon une note de France Stratégie publiée jeudi.

Paradoxalement, cet organisme gouvernemental, placé auprès du Premier ministre, plaide cependant pour un renforcement de l'investissement public dans ces métropoles ou sur leur pourtour au nom de l'efficacité économique.

Les ressorts de la croissance font défaut à beaucoup de villes moyennes et de territoires ruraux et les écarts en matière d'égalité des chances et d'accès aux services ne se résorbent plus, écrivent les auteurs de la note.

Les 15 aires urbaines de plus de 500.000 habitants concentrent 40% de la population, 55% de la masse salariale, plus de 50% de l'activité économique, deux tiers des étudiants.

Le PIB par habitant y est en moyenne 50% plus élevé que dans le reste du pays. C'est aussi dans ces métropole que 75% de la croissance s'est concentrée entre 2000 et 2010, ainsi que plus de 70% des créations nettes d'emplois entre 2007 et 2014.

Mais la concentration de population dans ces grands centres a aussi un coût en termes de pollution, de sécurité, de prix, et les inégalités de revenus y sont les plus importantes.

Les inégalités territoriales se sont notamment creusées à cause d'une forte désindustrialisation, à l'oeuvre depuis une trentaine d'années, en particulier dans le nord-est du pays.

"Contrairement à une idée reçue, c'est l'Île-de-France, et avant tout Paris et sa couronne, qui a vu le poids relatif de l'industrie décliner le plus fortement", constatent les auteurs.

Mais l'Île-de-France s'est massivement réorientée vers les services à haute valeur ajoutée, alors que le Nord et l'Est connaissent un déclin économique "significatif", ajoutent-ils.

Le vieillissement de la population est aussi plus marqué dans ce pays périphérique. Dans la moitié des départements, le rapport entre personnes âgées et en âge de travailler devrait augmenter de plus de 25 points d'ici 2040.

Jusqu'à présent, la protection sociale et les politiques publiques en faveur des territoires défavorisés ont permis d'atténuer ces inégalités, notamment en matière de revenu.

PLUS D'INVESTISSEMENTS DANS LES MÉTROPOLES

Mais aires urbaines de moins de 100.000 habitants et zones rurales, globalement positionnées sur des secteurs d'activité en perte de vitesse, pourraient voir leur décrochage économique s'accélérer dans les dix années à venir, avec un accès de plus en plus difficile aux services d'intérêt général.

La réorganisation liée à la réduction du nombre de régions prendra du temps, estiment encore les auteurs, qui prônent une révision de la politique d'aménagement du territoire.

Celle-ci a longtemps cherché à redynamiser les territoires en déclin par l'investissement. "Or, les évolutions économiques récentes amènent à repenser cette orientation", dit la note.

Selon ses auteurs, la recherche de l'efficacité "inciterait (...) à investir davantage de ressources publiques dans les grandes métropoles ou à leur pourtour, pour développer les infrastructures, la recherche et l'innovation".

"En particulier, dans ce schéma, il faudra veiller à ce que Paris puisse jouer pleinement le rôle de ville-monde de premier plan au sein de l'Union européenne à 27", ajoutent-ils, en prenant acte de la décision du Royaume-Uni de sortir de l'UE.

Selon eux, une telle politique augmenterait la compétitivité de l'économie française et assurerait des recettes fiscales supplémentaires, qui pourraient bénéficier aux territoires défavorisés par le biais, notamment, de la protection sociale.

Sans doute conscients du caractère provocateur de leur thèse, ils suggèrent cependant une "solution de compromis".

Elle consisterait à concentrer l'investissement sur les métropoles, tout en soutenant les territoires les plus exposés à un décrochage définitif, mais en investissant moins dans les "territoires intermédiaires".

La note s'interroge néanmoins sur la nécessité de prendre en compte la dimension territoriale lors de la localisation des investissements d'avenir et que sur la définition d'un "panier de services minimaux" garantis par l'Etat sur tout le pays.

Enfin, dans la mesures où des inégalités territoriales "seront toujours difficiles à réduire", elle s'interroge sur la solution qui consisterait à favoriser la mobilité géographique, tout en reconnaissant le risque d'effets secondaires négatifs.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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  • 2445joye il y a 5 mois

    C'est comme ça depuis le néolithique ! La ville absorbe la richesse des campagnes.

  • M7097610 il y a 5 mois

    Normal...Les ruraux paient les taxes qui financent les urbains.

  • M7361806 il y a 5 mois

    Les campagnes sont écrasées par les charges au profit des urbains