Les inégalités des Français face à la mort ne diminuent pas

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L?INSEE A PUBLIÉ SON PORTRAIT SOCIAL 2012
L?INSEE A PUBLIÉ SON PORTRAIT SOCIAL 2012

PARIS (Reuters) - Tous les Français ont profité de l'augmentation de l'espérance de vie depuis 25 ans mais les inégalités sociales face à la mort n'ont pas diminué pour autant, selon l'Insee.

Dans son portrait social 2012 de la France publié mercredi, l'institut relève ainsi que, sur le dernier quart de siècle, la hausse de l'espérance de vie, d'une année environ tous les cinq ans, a été quasiment uniforme chez toutes les catégories professionnelles, pour les hommes comme pour les femmes.

Dans les conditions de mortalité du milieu des années 2000, un cadre vit 6,3 ans plus longtemps qu'un ouvrier chez les hommes et trois ans de plus chez les femmes, contre respectivement 6 ans et 3,1 ans il y a 25 ans.

Ces inégalités sociales de mortalité sont plus marquées avant 60 ans : parmi les salariés du secteur privé nés entre 1940 et 1946, 13% de ceux qui étaient ouvriers à 36 ans sont morts avant 60 ans contre 6% chez les cadres.

Par ailleurs, environ 70% des hommes et femmes âgés entre 30 et 59 ans étaient en couple en 2009, soit huit points de moins qu'en 1990, et le recul de la vie de couple est d'autant plus marqué que le niveau d'études est faible.

Sur la même période, le nombre de familles monoparentales a été multiplié par 1,7, avec là encore des disparités liées au niveau d'études. Quand le plus jeune des enfants a moins de trois ans, la proportion de mères isolées atteint 19% parmi celles ayant au plus le brevet contre 5% pour celles diplômées de l'enseignement supérieur.

S'agissant de la situation matrimoniale et de l'emploi, l'Insee a constaté de fortes différences entre les couples et les personnes sans conjoint.

MOINS DE CHÔMAGE CHEZ LES FEMMES EN COUPLE

Ainsi, en 2011, trois couples sur quatre de personnes âgées entre 30 et 54 ans sont composés de deux actifs en emploi contre 1% de deux conjoints au chômage.

A tout âge, les hommes en couple ont des taux d'activité plus élevés et de chômage plus faibles que les célibataires : 91% des hommes en couple sont en emploi entre 30 à 54 ans contre seulement 77% des hommes sans conjoint.

L'Insee explique une partie de cet écart par le fait que les premiers sont davantage diplômés que les seconds.

Quant aux femmes en couple, elle sont plus souvent inactives que les autres et leur taux de chômage est moitié moindre (6% contre 12%).

Une autre disparité tient à la possession ou non d'un bien immobilier. La flambée des prix de ce secteur explique pour l'essentiel le doublement du patrimoine brut détenu par les ménages en euros constants entre 1997 et 2009.

A cette dernière date, les 10% de ménages les mieux dotés possédaient en moyenne 35 fois plus de patrimoine que les 50% de ménages les moins bien dotés, contre 30 fois plus en 1997.

Les inégalités de niveau de vie ont augmenté pendant la même période mais dans des proportions moindres : celui des 10% de personnes les plus aisées a progressé de 29% et celui des catégories intermédiaires ou les moins aisées de l'ordre de 20%.

L'Insee s'est penché parallèlement sur la redistribution monétaire via le transfert des cotisations et contributions sociales vers les prestations sociales (prestations familiales, minima sociaux et allocations logement).

Cette redistribution permet, selon les chiffres 2011, de diviser par près de deux - de 7,4 à 3,9 - le rapport entre les revenus des 20% de personnes les plus aisées et ceux des 20% les plus modestes.

La réduction des inégalités est attribuable pour 66% aux prestations sociales et pour 34% aux prélèvements. Sur ces 34%, 85% proviennent du seul impôt sur le revenu, alors qu'il ne représente en masse qu'un petit tiers de la totalité des prélèvements.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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