Les industriels contre de nouvelles coupes dans la Défense

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LES INDUSTRIELS DE LA DÉFENSE VEULENT SANCTUARISER LA LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE
LES INDUSTRIELS DE LA DÉFENSE VEULENT SANCTUARISER LA LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE

PARIS (Reuters) - Les industriels de la défense ont écrit jeudi au président François Hollande pour lui demander de ne pas revenir sur la Loi de programmation militaire (LPM) dans le cadre des efforts du gouvernement français pour maîtriser les finances publiques.

Votée en décembre, la LPM octroie 190 milliards d'euros de crédits sur la période 2014-2019 et prévoit 7.881 suppressions de postes cette année. Le ministre des Finances Michel Sapin a toutefois évoqué mardi la perspective d'un nouvel effort des armées pour permettre à la France de tenir ses engagements de réduction des déficits.

Dans une lettre adressée à François Hollande et dont Reuters a obtenu une copie, les dirigeants d'EADS France (Airbus Group), MBDA, DCNS, Dassault Aviation, Nexter, Thales et Safran soulignent avoir déjà mené un important travail d'adaptation pour se conformer à cette loi.

"Cette démarche nous avait été confortée le 15 avril 2013 lorsque vous nous aviez fait l'honneur de nous recevoir et de nous faire part de votre arbitrage, soucieux des enjeux sociaux et industriels auxquels nous étions confrontés. Vous nous aviez alors garanti la complète exécution de cette LPM", écrivent-ils dans ce courrier, dans lequel ils sollicitent une nouvelle rencontre.

"Malgré cela, des considérations de court terme menacent aujourd'hui ce fragile équilibre. Rien n'a pourtant changé en quelques mois sur les dramatiques conséquences qu'aurait toute encoche à la loi votée : licenciements, décrochage technique, perte de compétitivité et de souveraineté, déclassement et désindustrialisation."

Les industriels préviennent que de nouvelles coupes budgétaires seraient particulièrement néfastes pour le secteur.

"Les entreprises duales seraient contraintes d'en tirer les conséquences et accéléreraient leur mutation en privilégiant leurs activités civiles. Elles seraient alors soumises aux seules contraintes concurrentielles mondiales (...) qui placeront l'équation nationale au second plan. De nombreux fournisseurs, ETI et PME, n'y survivraient pas."

(Matthias Blamont, édité par Dominique Rodriguez)

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