Les indices européens à l'heure des prises de bénéfices

le , mis à jour à 14:08
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Les marchés européens peinent à poursuivre leur mouvement haussier depuis quelques séances, les investisseurs procédant à quelques prises de bénéfices.
Les marchés européens peinent à poursuivre leur mouvement haussier depuis quelques séances, les investisseurs procédant à quelques prises de bénéfices.

Depuis quatre séances, les indices boursiers européens peinent à poursuivre leur mouvement haussier, ayant semble-t-il épuisé certains relais de croissance à court terme. L’heure est aux prises de bénéfices sur les marchés, la volatilité restant toutefois faible.

Mercredi 17 août, les marchés européens poursuivaient leur baisse modérée de la veille. À 12h30, le CAC40 perdait 0,61% à 4.433 points, après avoir perdu 0,83% mardi.

Les investisseurs se montrent prudents dans l’attente de la publication à 20h du compte-rendu détaillé de la dernière réunion de la Fed du mois de juillet, désigné sous le terme de « minutes de la Fed ». Le document pourrait en effet rappeler que les membres du FOMC n’ont pas totalement mis de côté leur projet de hausse des taux d’ici la fin de l’année, comme cela a également été évoqué mardi soir par Dennis Lockhart, Président de la Fed d’Atlanta, dans une déclaration publique.

Cela fait désormais quatre séances que les indices boursiers peinent à poursuivre leur mouvement haussier de l’été. Les marchés européens ont regagné beaucoup de terrain depuis le choc du Brexit, effaçant presque la totalité de leur baisse depuis le début de l’année. Au point que certains investisseurs commencent à estimer que le potentiel de hausse est désormais épuisé.

En termes d’analyse graphique, « Le mouvement haussier de l’été, suite au Brexit, s’expliquait assez bien du fait qu’il y avait un grand gap à combler » commente Alexandre Baradez, stratégiste chez IG France. En revanche, « Peu de raisons ont permis d’expliquer la hausse survenue dans la première moitié du mois d’août ».

Les sociétés de gestion ont tendance à abonder dans le même sens, regardant d’un œil plutôt méfiant le retour aussi rapide des indices boursiers européens au-dessus de leur niveau pré-Brexit du 23 juin. Ces mêmes sociétés de gestion avaient été les premières à alerter sur les risques économiques liés au Brexit, et s’attendaient à un été volatil et stressant sur les marchés, et non au calme plat observé depuis la mi-juillet.

Dans une récente note de marché, Reinhold Knaus et Colin Graham, économistes chez BNP Paribas IP, affirment : « Il est surprenant de constater ces dernières semaines que la plupart des classes d'actifs ont [progressé]. Nous pensons que cette dynamique reflète la quête de rendement des investisseurs et leurs espoirs de nouvelles mesures de relance par les banquiers centraux (…). Ce regain de confiance envers la politique monétaire contraste avec la perception d'inefficacité du QE observée plus tôt cette année. Il semble que les investisseurs exagèrent quelque peu leur positionnement [haussier] sur les actions ».

Pictet AM soulignait également dans une note de marché, diffusée mardi, le risque que les investisseurs aient fait preuve d’un excès de confiance dans le courant de la semaine dernière.

Les investisseurs ont pourtant de bonnes raisons de rester optimistes, notamment du fait que « Les indices PMI des États-Unis montrent que la croissance se maintient et devrait accélérer au second semestre, une fois les obstacles liés aux stocks et au secteur énergétique écartés. Les marchés des logements neufs et existants sont robustes avec des prix en hausse », reconnaissent les économistes de BNP Paribas IP.

Ces derniers gardent néanmoins un œil sur la trajectoire des pays émergents, qui ne sont plus au cœur de l’actualité mais pourraient y revenir en fonction de l’évolution de leur conjoncture économique. À ce sujet, « Nous ne prévoyons aucune amélioration significative de la croissance à court terme dans les marchés émergents, où l'endettement de bon nombre de pays reste problématique et leur situation politique fragile » estiment-ils.

Au sein des pays émergents, les problématiques d’endettement concernent principalement la Chine, tandis que les fragilités politiques concernent principalement le Brésil, comme de nombreux médias l’ont de nouveau souligné depuis l’ouverture des Jeux Olympiques de Rio.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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