Les indicateurs US plaident pour une baisse du soutien de la Fed

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PUBLICATION D?UNE SÉRIE D?INDICATEURS SEMBLANT PLAIDER POUR UNE BAISSE DU SOUTIEN DE LA FED
PUBLICATION D?UNE SÉRIE D?INDICATEURS SEMBLANT PLAIDER POUR UNE BAISSE DU SOUTIEN DE LA FED

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - La batterie de statistiques publiées ce jeudi aux Etats-Unis, avec un plus bas de près de six ans des inscriptions hebdomadaires et la hausse la plus marquée de l'inflation depuis février, semble plaider pour un dénouement imminent des mesures de soutien de la Réserve fédérale à l'économie américaine.

C'est en tout ce que semblent penser les intervenants des marchés financiers puisque, vers la mi-séance à Wall Street, les principaux indices de la place new-yorkaise perdaient plus de 1% tandis que, sur le marché obligataire, le rendement des emprunts du Trésor à 10 ans, évoluait à un pic de deux ans.

Au printemps dernier, Ben Bernanke, président de la Fed, avait déclaré que le dénouement de la troisième version du programme d'assouplissement quantitatif de la banque centrale américaine ("QE3") -l'un des principaux moteurs de la hausse des Bourses depuis le début de l'année- pourrait intervenir d'ici la fin de l'année en fonction de la conjoncture.

Depuis, les acteurs du marché ne cessent de spéculer sur le calendrier de la Fed et, malgré une activité industrielle qui semble marquer le pas, ils semblent avoir conclu des indicateurs du jour que la situation économique des Etats-Unis va dans le bon sens.

"Les données continuent de s'améliorer (...) et je pense que cela va encore continuer. La question n'est donc plus de savoir si la Fed va réduire son 'QE3' en septembre, mais de combien", a déclaré Charles Comiskey, chargé du trading obligataire chez Bank of Novia Scotia.

Selon une enquête Reuters publiée mardi, la Fed, au vu d'une reprise économique régulière susceptible de ramener le taux de chômage à 7% d'ici la mi-2014, pourrait réduire son programme de soutien dès le mois prochain.

L'orientation du marché du travail est le principal critère retenu par la Fed pour la définition de sa politique, ce qui veut dire que la banque centrale attendra vraisemblablement les chiffres de l'emploi du mois d'août, publiés début septembre, avant de trancher.

Selon James Bullard, président de la Fed de St. Louis, la Réserve fédérale court cependant le risque de faire baisser l'inflation encore davantage si elle commence à réduire le rythme de ses rachats obligataires mensuels de manière trop drastique.

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Cela étant dit, les craintes de James Bullard sont susceptibles d'être apaisées par les données en matière d'inflation: sur les 12 mois à fin juillet, les prix à la consommation ont augmenté de 2% -chiffre qui correspond à l'objectif de la Fed et qui représente sa hausse la plus marquée depuis février.

Ce rebond de l'inflation semble confirmer l'analyse de Ben Bernanke, pour qui la période de bas niveau de prix à la consommation n'est pas amenée à durer.

Autre statistique très suivie, les inscriptions hebdomadaires au chômage qui, sur la semaine du 10 août, sont retombées à 320.000, un plus bas depuis octobre 2007. Et la moyenne mobile sur quatre semaines, qui reflète mieux la tendance à l'oeuvre, s'établit à 332.000, du jamais vu depuis novembre 2007.

Selon Carl Riccadonna, économiste chez Deutsche Bank, les niveaux des inscriptions suggèrent une prochaine hausse du rythme d'embauches, possiblement dès le mois d'août.

D'ailleurs, si la production manufacturière dans la région de New York a progressé moins que prévu en août, cela n'a pas empêché les entreprises de se montrer plus optimistes pour l'avenir et d'embaucher davantage, montre une enquête publiée jeudi par la Réserve fédérale régionale.

Deux autres données relatives au secteur industriel et manufacturier sont également ressorties à un niveau inférieur, la production industrielle pour le mois de juillet et l'indice de la Fed de Philadelphie pour le mois d'août.

Mais cela n'empêche les économistes de se montrer optimistes pour l'activité économique des Etats-Unis du second semestre, d'autant plus que le marché immobilier, dont l'effondrement avait été l'origine de la récession de 2007-2009, continue de montrer des signes d'une santé florissante.

Selon l'enquête mensuelle de la fédération NAHB, le sentiment des promoteurs immobiliers s'est encore amélioré en août, atteignant son plus haut niveau depuis près de huit ans, l'offre limitée de logements neufs et anciens sur le marché et une demande soutenue compensant l'effet de la hausse des taux d'intérêt.

Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison

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