Les idées originales des communes pour éviter les hausses d'impôts

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Faire travailler les administrés, réduire les salaires des élus… les villes tentent de trouver d'autres moyens que les hausses d'impôt pour boucler leur budget, à l'heure où les dotations des collectivités territoriales diminuent.

Certaines communes tiennent leurs promesses de campagne, à l'image des élus de l'Aude. Dans ce département dominé par la gauche aux dernières élections, le président du Conseil départemental, André Viola (PS), a respecté son engagement de réduire de 8% les indemnités des élus. Le président a ainsi accepté de ramener son indemnité à «environ 5.300 euros contre 5.500 euros» précédemment, a indiqué à l'AFP Jean Brunel, directeur du cabinet d'André Viola. Les indemnités brutes mensuelles des conseillers vont être réduites de 160 euros, à 1.750 euros et celles des membres de la commission permanente passeront à 1.940 euros contre 2.100 euros auparavant.

«Les conseillers départementaux ont accepté à l'unanimité de réduire leur indemnité de 8% afin que le nouveau conseil départemental (composé de 38 élus NDLR) ne coûte pas plus cher aux Audois que les 35 anciens conseillers généraux» précédents, ajoute l'administration. «L'enveloppe globale brute des indemnités est même en baisse de 13.000 euros à 942.000 euros, car il n'y a plus que huit vice-présidents au conseil départemental, au lieu de dix», avance la collectivité. L'Aude est l'un des départements les plus touchés par la pauvreté en France. «Les élus sont conscients qu'il y a un exemple à donner et que les budgets de fonctionnement des collectivités locales doivent être maîtrisés», a assuré Jean Brunel.

Les élus du Tarn ont pris une initiative similaire. Les 46 élus du Conseil départemental du Tarn ont annoncé cette semaine qu'ils baisseraient de 10% leurs indemnités, afin de faire économiser «près de 100.000 euros» en un an au département. Le président de l'assemblée départementale du Tarn depuis 25 ans, le socialiste Thierry Carcenac, s'était engagé à mettre cette mesure en place au moment de la campagne. C'est la première année que les élus départementaux du Tarn décident ainsi d'une baisse de leurs indemnités.

Les habitants font don d'une journée

Dans un autre village, ce sont les administrés qui s'investissent pour leur commune. Les 80 habitants de Peyrissas, un village de la Haute-Garonne, ont accepté de donner de leur temps à leur commune pour effectuer des travaux d'intérêt général. Pour éviter une dépense d'argent public et in fine une hausse des impôts locaux, ils vont participer à l'entretien de la commune, conformément aux annonces de campagne. Ainsi, dimanche, les administrés sont invités à aménager un chemin menant au cimetière.

Une journée de travail qui permettrait au village une économie de 2.500 à 3.000 euros, explique Guy Loubeyre, le maire socialiste du village élu lors des dernières municipales, à Metronews .

Déjà l'an passé, 25 habitants de Peyrissas avaient décidé de nettoyer eux-mêmes leur commune pendant une demi-journée.

Vote d'un budget en déséquilibre

La commune de Chinon a elle décidé d'une toute autre mesure. En mars dernier, la ville a voté un budget en déséquilibre pour l'année à venir, «ce qui est totalement illégal», indique Jean-Luc Dupont, Maire de la cité. La commune de 7900 âmes croule sous le poids d'un prêt toxique contracté en 2007 et l'élu ne voulait pas augmenter les impôts locaux pour rembourser cette dette. Le taux d'intérêt de 3,90% en 2007 est passé à 27,40% aujourd'hui, ce qui représente 700.000 euros d'intérêts supplémentaires, indique l'édile. Il ajoute qu'il doit également faire face à une baisse des dotations de l'État et à des dépenses incompressibles ce qui a conduit la ville a voté un budget déficitaire, un vote à l'unanimité. «Nous encourons le risque d'être mis sous tutelle», indique le maire qui évoque également de possibles suppressions de subventions. L'élu espère que «ce geste de rébellion républicaine» sera suivi par d'autres communes.

Les habitants de ces communes se réjouissent eux que leurs élus trouvent d'autres voies que les hausses d'impôts pour faire face à la baisse de la dotation de l'État. De fait, aux six coins de l'Hexagone, les municipalités annoncent des hausses d'impôts locaux: +3% à Strasbourg, +4% ou 5% à Bordeaux, +5% à Marseille ou à Lyon, +10% à Lille, +15% à Toulouse...

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