Les «hommes à tout faire» séduisent

le
1
Des sociétés se sont spécialisées dans une offre de services à domicile, du type bricolage ou plomberie, ciblant en priorité les femmes seules. Une stratégie marketing qui n'est pas du goût des associations féministes.

Tony Micelli, le héros de la série américaine Madame est servie, a repris du service. Dans un marché assombri par l'assèchement des fonds publics, les professionnels des services à la personne rivalisent d'ingéniosité pour tirer leur épingle du jeu. Ainsi, certaines sociétés n'hésitent pas à louer les talents d' «hommes à tout faire» en bricolage, jardinage ou plomberie auprès d'une clientèle presque exclusivement féminine. C'est le cas de la société Papa Bricole, créée en 2007 par Laïd Azzi qui s'est inspiré d'un concept londonien pour répondre à «une vraie demande». «Qu'elles soient mères célibataires ou veuves, les femmes sont de plus en plus souvent seules dans notre société», souligne l'entrepreneur. «Et celles qui sont en couple ont parfois des conjoints qui n'aiment pas bricoler ou n'ont tout simplement pas le temps.»

A l'instar de Papa Bricole, la société Les Jules a investi en 2009 un créneau délaissé par certains artisans. «Ces entrepreneurs ne se déplacent pas pour des tâches aussi petites que monter une étagère, installer des tringles à rideaux ou tailler une haie», explique Guillaume Debuisselle, son cofondateur. Les Jules, aujourd'hui présents à Paris, à Lyon et à Nice, courtisent ainsi les femmes, «qui sont bien souvent décisionnaires en matière d'intérieur et de décoration». Surfant sur la même tendance, la franchise Le Mari à louer tisse progressivement sa toile en France. Né en Italie il y a cinq ans, ce réseau de «gentlemen bricoleurs» s'est exporté avec succès en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche, en Belgique ou en Suède. «Ce besoin existe depuis de nombreuses années en réalité, mais le marché n'était pas structuré», selon Etienne Le Saint, bricoleur au sein du réseau Le Mari à louer basé à Nice. «Les femmes seules n'osaient plus demander de l'aide à leurs amis ou leur famille, d'où l'idée de proposer des dépannages simples.»

Parfois le plombier est ... une femme

Des services de la vie courante pour lesquels les tarifs varient de 30 à 50 euros de l'heure, selon la prestation et l'entreprise. «L'offre a vite décollé grâce au bouche-à-oreille, ce qui a débloqué la demande», raconte Etienne Le Saint. L'heure est à l'optimisme pour les «hommes à tout faire». Papa Bricole, qui a vu son chiffre d'affaires exploser de 32.000 euros en 2007 à 270.000 euros en 2011, compte ouvrir de nouvelles agences à travers la France. De même, Les Jules ont multiplié leur chiffre d'affaires par deux entre 2010 et 2011, sans toutefois en préciser le montant. Quant au Mari à Louer, son succès surprend même la direction italienne. «Le démarrage du concept en France a été beaucoup plus rapide qu'en Italie, où le réseau compte aujourd'hui plus de 30 professionnels», affirme Etienne Le Saint.

Un essor qui n'est pas du goût des associations féministes. «Ces sociétés s'appuient sur un cliché sexiste, à savoir que les femmes ne savent pas planter un clou ou qu'elles ne peuvent pas se passer d'un homme à la maison, pour vendre des services», déplore-t-on au sein d'Osez le féminisme. De leur côté, Les Chiennes de garde s'interrogent: «Peut-on jouer avec les stéréotypes sexistes dans une société où l'égalité femme-homme n'est pas acquise?» Des accusations de machisme que réfutent les apprentis «Mac Gyver», même si plus de 80% de leur clientèle sont des femmes. «Les quelque 20% restants sont des hommes qui assument parfaitement le besoin de nous appeler à l'aide», insiste Laïd Azzi, de Papa Bricole. Quant aux Jules, ils se défendent de cibler uniquement les femmes. «Nous avons élargi notre offre aux petites entreprises qui n'ont pas les moyens de payer un employé de maintenance à temps plein», explique son cofondateur. Enfin, note Etienne Le Saint, de Mari à Louer, «notre secteur n'est pas du tout fermé. La preuve, il arrive parfois que le plombier ou le dépanneur soit une femme!»

LIRE AUSSI:

» L'avantage fiscal des services à la personne dans le viseur

» Les services à la personne en pleine mutation

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • samielie le jeudi 8 mar 2012 à 14:27

    cest la crise avec le nombre de femmes qui s accroient parmi les milliardaires on sait jamais une affaire avec une personnalite celebre peut rapporter gros, cest lexemple playboy qui offre des dollars pour toute aventure sexuelle avec les elus