Les hedge funds sous la menace de la Commission européenne

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(NEWSManagers.com) - Nouveau coup de semonce pour les hedge funds. Souvent montrés du doigt ?à tort-, les hedge funds font à nouveau l'objet d'une attaque en règle qui prendrait la forme d'un texte de directive AIFM confidentiel concocté par la Commission européenne qui ne tiendrait pas trop compte des propositions de l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou Esma).

A l'occasion d'une table ronde sur ladite directive le 29 mars à Londres dans le cadre des Edhec Risk Days Europe 2012, le directeur de l'Edhec-Risk Institute, Noël Amenc, a vivement critiqué le texte de la Commission qui affiche les nombreuses divergences entre la Commission et l'Esma sur nombre de points essentiels, entre autres la responsabilité du dépositaire, les problématiques de la délégation et des pays tiers, le prime brokerage, ou encore le levier.

" L'Esma a fait un travail fantastique. Ses propositions ont été soutenues par l'ensemble des acteurs. Ce texte est une catastrophe. Il ne correspond à aucune réalité. Par exemple, vouloir faire jouer au dépositaire le rôle d'un assureur constitue un véritable nouveau risque systémique" , a lancé Noël Amenc.

Les hedge funds ne sont certainement pas des animaux exemplaires mais leur diabolisation par les politiques est allée trop loin. Récemment d'ailleurs, l'Autorité des marchés britanniques (FSA) a souligné que les risques liés aux hedge funds ne constituaient pas une préoccupation de tout premier plan. Alors que l'on observe parallèlement une tendance très forte à revenir vers les hedge funds. " Aux Etats-Unis, l'allocation allouée aux hedge funds par les institutionnels, qui était de 2% à 4% avant la crise financière, se situe désormais dans une fourchette de 4% à 10%, voire au-delà" , a relevé Nathanaël Benzaken, managing director et responsable du développement des managed accounts chez Lyxor Asset Management. Les investisseurs de long terme, comme les fonds de pension, veulent investir dans les hedge funds car les hedge funds offrent une valeur ajoutée qui peuvent leur permettre d'optimiser leur performance.

En l'état, le coût de la nouvelle réglementation, en raison notamment de la responsabilité qui risque de tomber sur les épaules du dépositaire, va être répercuté sur les investisseurs finaux, avec un surcoût de 75 à 100 points de base pour un hedge fund, remarque William Douglas, managing director, Equities Division, chez Goldman Sachs. " Le coût de la réglementation va relever les barrières à l'entrée si bien qu'on risque d'assister à l'éviction des petites structures et notamment des jeunes pousses parmi les hedge funds" , a souligné pour sa part Eric Bissonier, stratégiste en chef chez EIM Group.

Or ces petites structures sont souvent beaucoup plus agiles que les poids lourds du secteur pour générer de la performance. " Cette concurrence est bénéfique pour l'économie. La sophistication est aussi bonne pour l'économie. Imposer des restrictions à la sophistication, c'est accroître le coût du capital" , a martelé Noël Amenc qui a dénoncé le déficit de formation financière des responsables politiques. C'est d'ailleurs peut-être de là que pourrait venir le salut : l'éducation de politiques trop enclins à stigmatiser des acteurs essentiels au bon fonctionnement de la machine économique.

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