Les Haïtiens aux urnes un mois après l'ouragan Matthew

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 (Actualisé avec ouverture des bureaux de vote) 
    par Makini Brice 
    PORT-AU-PRINCE, 20 novembre (Reuters) - Les Haïtiens ont 
commencé à voter dimanche pour désigner un nouveau président 
après l'invalidation pour fraude d'un scrutin organisé en 
octobre 2015. 
    Le contexte est toutefois peu propice à la tenue d'une 
élection dans un pays encore meurtri par le passage début 
octobre de l'ouragan Matthew, qui a fait un millier de morts, 
détruit les récoltes et provoqué une épidémie de choléra. 
    Les bureaux de vote devaient théoriquement ouvrir à 6h00 
(11h00 GMT) mais certains ont eu du retard et la participation 
semblait faible dans la matinée. 
    Après une année d'incertitude politique, les enjeux de cette 
élection portent sur le redressement de l'économie et la 
création d'emplois.  
    Aujourd'hui, 1,4 million d'Haïtiens sur une population de 10 
millions sont toujours dépendants de l'aide humanitaire. 
    Les dégâts provoqués par l'ouragan pourraient peser sur la 
participation d'électeurs déjà mécontents de la lenteur avec 
laquelle l'assistance aux victimes est mise en place. 
    "Tout le monde parle de l'élection. Mais il n'y a aucun 
candidat pour lequel je veux voter", se désole Joseph Jeanvinil, 
employé dans un sanatorium à Las Cayes, sur côte sud-ouest. 
    "Je suis toujours dans ma maison qui a été détruite. Je n'ai 
pas encore trouvé d'argent" pour réparer les dégâts provoqués 
par l'ouragan, ajoute-t-il. 
    Le premier tour de l'élection présidentielle qui s'était 
tenu le 25 octobre 2015 avait été invalidé par un conseil 
électoral sur recommandation d'une commission mise en place pour 
examiner des accusations de fraude. 
    Le président sortant, Michel Martelly, a quitté ses 
fonctions au mois de février et un président intérimaire, 
Jocelerme Privert, a été désigné tandis qu'un gouvernement, 
conduit par l'ancien gouverneur de la banque centrale Fritz 
Alphonse Jean était chargé d'organiser une nouvelle élection. 
    Celle-ci devait se tenir le 9 octobre mais le passage de 
Matthew a obligé les autorités à décider un nouveau report. 
     
    UNE VINGTAINE DE CANDIDATS 
    Une vingtaine de candidats sont en lice.  
    Un récent sondage de l'institut Brides montre que Jovenel 
Moïse, un chef d'entreprise peu expérimenté en politique, 
pourrait l'emporter dès le premier tour sous la bannière du 
parti Tèt Kale ("Tête chauve") de Michel Martelly. 
    Mais les sondages d'opinion en Haïti sont notoirement peu 
fiables. 
    D'autres candidats à suivre sont Jude Célestin, directeur 
d'une entreprise publique de BTP, Moïse Jean-Charles, un ancien 
sénateur, et Maryse Narcisse, docteur qui jouit du soutien de 
l'ancien président Jean-Bertrand Aristide. 
    Pour être élu au premier tour, un candidat doit obtenir plus 
de 50% des suffrages ou disposer d'une avance de plus de 25 
points sur le candidat arrivé en deuxième position. 
    A défaut, les deux meilleurs prétendants s'affronteront lors 
d'un second tour prévu le 29 janvier. Le vainqueur devrait 
prendre ses fonctions en février. 
    Pour les observateurs de la scène haïtienne, la question 
principale est de savoir si les électeurs choisiront de se 
déplacer. 
    "Même si les autorités arrivent à acheminer tout le matériel 
électoral requis dans les bureaux de vote, reste à savoir si les 
gens auront envie d'aller voter", dit Jake Johnston, spécialiste 
d'Haïti au Center for Economic and Policy Research, un centre de 
réflexion basé à Washington. 
 
 (Pierre Sérisier et Gilles Trequesser pour le service français) 
 
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