Les habitants de Lochwiller seront indemnisés

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LOCHWILLER, Bas-Rhin (Reuters) - Les habitants de Lochwiller, village alsacien dont les maisons sont menacées d'effondrement par les conséquences d'un forage géothermique défectueux, seront indemnisés, a annoncé vendredi le préfet du Bas-Rhin.

L'Etat a décidé de faire intervenir le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO), organisme privé financé par les compagnies et les cotisations d'assurance, pour venir en aide à ceux dont les maisons sont fissurées ou vouées à la démolition.

"Cela va vous aider à réparer vos maisons ou à acheter une maison ailleurs", a indiqué le préfet, Stéphane Bouillon, lors d'une réunion publique organisée à Lochwiller.

Trente-six maisons de ce village de 420 habitants sont victimes de fissures, soulèvements de terrain, fuites sur les réseaux et autres dégâts de voirie, selon l'association de défense des victimes, "Lochwiller se soulève".

La cause du sinistre a été confirmée par une étude dont le préfet a révélé les conclusions aux habitants.

C'est un forage, réalisé en 2008 pour l'installation d'une pompe à chaleur dans un nouveau lotissement, qui a provoqué une fuite d'eau dans les couches d'anhydrite du sous-sol, provoquant le gonflement de ce composé chimique et sa transformation en gypse, l'élément de base du plâtre.

L'étude pointe également comme facteur "aggravant" la construction du lotissement lui-même à l'emplacement d'un ancien verger qui contribuait à éviter les infiltrations dans le sous-sol.

Le soulèvement des terrains va de 50 centimètres à l'épicentre du phénomène, à un centimètre à la périphérie dont on ne sait jusqu'où elle va s'étendre.

Le préfet a précisé que l'Etat prendrait en charge les travaux de colmatage du puits litigieux, mal rebouché, et le suivi de l'évolution des terrains jusqu'à leur stabilisation, une phase qui pourrait prendre un à deux ans.

Les habitants ont accueilli ces annonces avec une satisfaction toute relative.

L'un d'eux a souligné que sa propriété, bientôt inhabitable, valait 450.000 euros, alors que le FGAO plafonne ses indemnisations à 300.000 euros.

D'autres, dont les maisons ne sont pas touchées par les désordres mais sont devenues invendables en raison des risques potentiels, se sont inquiétés de leur situation en cas de mutation ou de divorce.

Le préfet a reconnu qu'il n'avait pas de solution à tout et a rappelé qu'une procédure judiciaire était en cours au terme de laquelle, tant le FGAO que les victimes pourraient se retourner vers les responsables désignés.

Gilbert Reilhac, édité par Guy Kerivel

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