Les habitants de la capitale yéménite en mode survie

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Des garçons yémenites regardent à l'intérieur d'une voiture brûlée lors des combats entre rebelles et leurs ex-alliés -les troupes fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh tué- dans la capitale Sanaa, le 6 décembre 2017 ( AFP / Mohammed HUWAIS )
Des garçons yémenites regardent à l'intérieur d'une voiture brûlée lors des combats entre rebelles et leurs ex-alliés -les troupes fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh tué- dans la capitale Sanaa, le 6 décembre 2017 ( AFP / Mohammed HUWAIS )

Tenaillés par la peur de nouvelles violences et en manque de vivres ou de soins, les habitants de la capitale yéménite Sanaa tentent de survivre au milieu des décombres des derniers combats.

Après avoir tué lundi leur ancien allié, l'ex-président Ali Abdallah Saleh, les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, se sont assurés le contrôle total de Sanaa où ils poursuivent des opérations de ratissage contre leurs adversaires.

Les combats entre Houthis et fidèles à Saleh ont fait plus de 230 morts et 400 blessés et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réclamé des "mesures audacieuses" pour permettre aux civils d'avoir accès d'urgence à une aide humanitaire.

Robert Mardini, chef régional des opérations au CICR, a dit à l'AFP que "ces derniers jours, Sanaa a connu les combats les plus violents depuis le début du conflit en mars 2015" entre pouvoir soutenu par une coalition arabe et rebelles qui a dévasté le pays, fait des milliers de morts et provoqué une très grave crise humanitaire.

Mounir, un médecin de l'hôpital de la République, a déclaré que ses collègues et lui étaient submergés par un afflux de patients traumatisés.

"Nous avons reçu des dizaines d'enfants et de femmes traumatisés par les affrontements qui ont eu lieu près de chez eux et par le bruit des explosions", a-t-il dit.

Des habitants de la capitale ont osé mercredi mettre le nez dehors pour chercher des provisions.

"J'ai couru acheter de quoi manger. Tout était fermé. Je n'ai trouvé qu'une rôtisserie ouverte où j'ai acheté le poulet le plus cher de ma vie", a raconté Mohammed, un journaliste local.

Un jeune rebelle porte une Kalashnikov à un barrage dans la capitale Sanaa le 6 décembre 2017
Un jeune rebelle porte une Kalashnikov à un barrage dans la capitale Sanaa le 6 décembre 2017 ( AFP / Mohammed HUWAIS )

Selon Jamie McGoldrick, coordinateur humanitaire de l'ONU au Yémen, des travailleurs humanitaires ont pu atteindre mercredi un certain nombre d'hôpitaux et de dispensaires pour distribuer des trousses de premiers soins et d'autres équipements médicaux.

Des habitants ont pu s'approvisionner en produits de première nécessité, mais la pénurie de carburant va poser un "grand problème" dans les prochains jours, a-t-il ajouté.

- 'Nous avons peur' -

Cependant, certains habitants n'étaient pas prêts à s'aventurer dehors après les violents affrontements de la semaine écoulée qui ont vu des rues bloquées par des factions en guerre et des barrages surgir de tous les côtés au milieu de tirs et de bombardements.

"Nous vivons dans la peur. Nous n'avons ni salaire, ni sécurité, ni vie", a dit une institutrice de Sanaa et mère de quatre enfants.

"Nous avons peur de la prochaine vague de violence. Nous voulons quitter Sanaa pour n'importe quel endroit sûr qui ne deviendra pas le prochain champ de bataille", a-t-elle ajouté. "Je suis originaire de Taëz (sud-ouest), j'ai grandi à Aden (sud) et je vis à Sanaa (nord). Aucune de ces villes n'est en sécurité".

Selon des habitants, les quartiers sud de Sanaa, anciens fiefs des partisans de Saleh et qui ont été les plus touchés par les combats, étaient encore paralysés mercredi.

De nombreux magasins sont restés fermés et les rues largement désertes au milieu des décombres.

Une colonne de fumée s'élève après un raid aérien qui aurait été men&ea
Une colonne de fumée s'élève après un raid aérien qui aurait été mené par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite à Sanaa, le 6 décembre 2017 ( AFP / Mohammed HUWAIS )

"Nous n'avons pas pu ouvrir notre boutique pour la quatrième journée consécutive", a déclaré Yasser, propriétaire d'un magasin. "La situation est incertaine et nous n'avons pas confiance dans les hommes armés en civil patrouillant les rues".

Des banques, des écoles et des administrations sont restées fermées.

Selon des médias locaux, des habitants ont fui la capitale vers leurs villages d'origine, craignant que Sanaa ne subisse des raids aériens de la coalition menée par l'Arabie saoudite qui combat inlassablement les Houthis.

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