Les habitants de Daraya en Syrie contraints de manger de l'herbe

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    GENEVE, 18 mars (Reuters) - Les conditions de vie des civils 
assiégés dans les régions de Daraya et de Daïr az Zour en Syrie 
sont dramatiques et certains habitants sont contraints de manger 
de l'herbe pour survivre, les livraisons d'aide alimentaire 
ayant été stoppées, indique le Programme alimentaire mondial 
(Pam) vendredi. 
    "Dans les situations les plus graves, ils (les habitants) 
passent plusieurs jours sans manger, envoient leurs enfants 
mendier et mangent de l'herbe ou de la végétation sauvage", 
peut-on lire dans un rapport. 
    Daïr az Zour, cernée par les djihadistes de l'Etat islamique 
(EI), et Daraya, assiégée par les forces gouvernementales 
syriennes, concentrent l'attention des agences onusiennes qui 
tentent d'y livrer de l'aide. L'armée syrienne refuse l'accès 
des convois à Daraya. 
    Le rapport du Pam note que dans les deux villes, les 
habitants disposent au mieux d'un repas par jour et que la 
nourriture est en priorité donnée aux enfants. 
    A Daraya, le pain frais est "disponible par intermittence à 
un prix exorbitant", trente fois supérieur à celui pratiqué sur 
le marché de Damas, la capitale dont le centre est situé à une 
dizaine de kilomètres. Le prix du riz est, lui, 17 fois 
supérieur. 
    Malgré la trêve instaurée il y a trois semaines, l'armée 
syrienne refuse l'accès humanitaire à six régions qu'elle 
assiège, dont Daraya. 
    Jan Egeland, qui préside le groupe de travail humanitaire 
des Nations unies en Syrie, a indiqué jeudi qu'une demande de 
l'Onu avait été adressée au régime Assad pour autoriser 
l'acheminement d'aide et que ce dernier disposait de sept jours 
pour faire connaître sa réponse. 
    "Nous empêcher de nous rendre là-bas constitue une violation 
du droit international", a jugé Egeland, ajoutant que les six 
régions inaccessibles ne concentraient pas plus d'enjeux 
stratégiques ou symboliques que d'autres zones où l'aide est 
arrivée. 
    "Il y a des combats à Daraya mais nous avons le sentiment 
clair que si les deux parties acceptaient l'arrêt des 
hostilités, nous n'aurions aucun problème à livrer de l'aide à 
quelques milliers de personnes là-bas, des civils qui se 
trouvent dans une situation très très difficile", a poursuivi 
Egeland. 
    A Daïr az Zour, l'Onu envisage de procéder à des 
parachutages d'aide en dernier recours, n'ayant guère d'espoir 
de voir des convois accéder à l'agglomération par la route. 
    Une première tentative de largage s'était soldée par un 
échec, les avions volant à trop haute altitude afin d'éviter des 
tirs de la défense antiaérienne. Plusieurs des parachutes 
s'étaient déchirés sous le poids de la cargaison qu'ils étaient 
censés ralentir. 
 
 (Tom Miles; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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