Les groupes chinois prêtent de plus en plus de façon détournée

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DE GRANDS GROUPES CHINOIS ALIMENTENT UN MARCHÉ OFFICIEUX DU CRÉDIT
DE GRANDS GROUPES CHINOIS ALIMENTENT UN MARCHÉ OFFICIEUX DU CRÉDIT

PEKIN/SHANGHAI (Reuters) - De grands groupes publics chinois qui ont un accès facile au crédit empruntent non pour investir mais pour prêter à leur tour à d'autres entreprises plus petites, à des taux d'intérêt parfois plusieurs fois supérieurs aux taux officiels, constituant un marché du crédit officieux qui se trouve dans le collimateur de Pékin.

Même si les craintes d'une crise du crédit se sont estompées lundi avec la nette détente des taux sur le marché interbancaire, la Banque populaire de Chine (PBoC) a appelé les banques à mieux gérer leur trésorerie et à mieux contrôler leurs prêts.

Plusieurs entreprises publiques contournent néanmoins l'interdiction de prêter directement à de plus petites entreprises, car il est plus intéressant pour eux d'accorder des crédits que de développer leur propre activité, dans un contexte de ralentissement de la croissance chinoise.

"Est-ce que nous sommes en mesure d'utiliser l'argent pour accroître notre production ? Franchement, non", explique un cadre d'un sidérurgiste public, sous couvert d'anonymat. "Nous perdrons plus d'argent si nous produisons plus. Nous ne pouvons que recourir à d'autres canaux."

Pour pouvoir accorder des crédits, les grands groupes mandatent des banques afin de servir d'intermédiaires, mais déterminent eux-mêmes le montant des prêts et leur taux.

Les prêts de ce type ont représenté 179 milliards de yuans (22,3 milliards d'euros) par mois en moyenne entre janvier et avril 2013, contre 106 milliards un an plus tôt.

Ils constituent l'une des pratiques de 'banque occulte", que l'agence de notation Fitch évaluait en avril à près de 200% du produit intérieur brut (PIB) chinois, et dont les autorités craignent qu'elles alimentent la spéculation sur le marché immobilier en particulier.

Selon un responsable des statistiques de la PBoC dans la ville de Dalian, environ 30% des prêts accordés par des entreprises de cette localité l'an passé, par l'intermédiaire de banques, étaient destinés au secteur immobilier, à un taux moyen de 12%.

"On a limité toutes les opportunités de croissance réelle, alors on laisse un créneau ouvert sur les marchés financiers, et bien sûr, tout le monde s'y engouffre!", explique Wei Yao, économiste de Société Générale à Hong Kong.

Aileen Wang, Lu Jianxing et Pete Sweeney; Julien Dury pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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