Les Grecs font à nouveau confiance à Alexis Tsipras

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SYRIZA REMPORTE LES LÉGISLATIVES GRECQUES
SYRIZA REMPORTE LES LÉGISLATIVES GRECQUES

par Renee Maltezou et Karolina Tagaris

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec sortant et chef de la gauche radicale Alexis Tsipras devrait s'attacher à partir de lundi à la formation d'un nouveau gouvernement au lendemain de la victoire, plus nette que prévu, de son parti, Syriza, aux élections législatives anticipées.

S'exprimant devant ses partisans dans le centre d'Athènes, Alexis Tsipras a déclaré qu'il se "sentait légitimé" par ce succès après avoir volontairement quitté ses fonctions en août et remis son mandat en jeu à la suite de la défection des députés les plus à gauche de Syriza, qui n'avaient pas accepté que la Grèce se plie à de nouvelles mesures d'austérité pour obtenir un troisième plan de renflouement.

Dans son discours de victoire face à ses partisans en liesse, Alexis Tsipras a promis une nouvelle phase de stabilité aux Grecs qui votaient pour la troisième fois cette année après les législatives du 25 janvier et le référendum du 5 juillet sur les mesures d'austérité.

"En Europe aujourd'hui, la Grèce et le peuple grec sont synonymes de résistance et de dignité et ce combat va se poursuivre ensemble pendant quatre autres années", a-t-il lancé. "Nous avons devant nous des moments difficiles, mais nous possédons des bases solides. Nous ne survivrons pas à ce combat par magie mais nous pouvons le faire en travaillant dur."

Il n'a pas fait allusion au nouveau plan de sauvetage de 85 milliards d'euros négociés avec la zone euro. Mais Syriza avait fait campagne pour sa mise en oeuvre, tout en promettant des mesures pour protéger les plus vulnérables.

AUBE DORÉE TROISIÈME

La première tâche du gouvernement Tsipras II sera de persuader les créanciers européens que des réformes en nombre suffisant ont été mises en oeuvre pour que la prochaine tranche d'aide dans le cadre du plan soit effectivement versée. Le plan de sauvetage fait l'objet d'un réexamen chaque mois.

Le président de l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, s'est dit "prêt à travailler étroitement avec les autorités grecques et à continuer à accompagner la Grèce dans ses efforts de réformes ambitieuses".

Alexis Tsipras va devoir aussi s'attaquer au dossier des réfugiés, le pays étant une des portes d'entrée majeure dans l'Union européenne pour des milliers de migrants qui cherchent à atteindre les pays riches d'Europe du Nord.

Alexis Tsipras participera mercredi au Conseil européen extraordinaire prévu à ce sujet.

Pratiquement comme lors des élections législatives du 25 janvier, Syriza a manqué de peu la majorité absolue au Parlement et devra donc former un gouvernement de coalition avec ses anciens partenaires, le parti souverainiste des Grecs indépendants (Anel).

Après dépouillement d'environ 57% des bulletins de vote, Syriza était crédité de 35,5% des suffrages exprimés, devançant nettement son principal concurrent, les conservateurs de Nouvelle démocratie, alors que les sondages avaient prédit une victoire serrée.

Cela devrait se traduire par 145 sièges pour Syriza sur les 300 que compte la Vouli, le Parlement monocaméral, soit quatre sièges de moins seulement qu'en janvier.

Nouvelle démocratie a concédé sa défaite par la voix de son nouveau président Vangelis Meïmarakis.

Le parti d'extrême droite Aube dorée arrive en troisième position avec 7% des voix, ce qui devrait lui valoir une petite vingtaine de députés au Parlement.

"UN MESSAGE IMPORTANT"

Mis à part Aube dorée et les communistes du KKE, les principaux partis au nouveau Parlement acceptent tous le principe des réformes en échange d'une aide financière qui a permis à la Grèce de se maintenir dans la zone euro.

De nombreux électeurs ont boudé ces élections qui se tenaient quelques semaines après un référendum par lequel une large majorité de Grecs ont exprimé leur refus de nouvelles mesures d'austérité en échange d'un troisième plan de sauvetage.

Tsipras a tenté d'éviter à la Grèce une nouvelle cure de rigueur budgétaire mais le Premier ministre a été contraint de se plier aux demandes des créanciers internationaux face au risque d'une sortie de la zone euro. Plusieurs députés de Syriza ont alors dénoncé ce qu'ils considéraient comme un renoncement de leur chef de file et quitté le parti.

Syriza a fait savoir dans la soirée que le parti mettrait en oeuvre le plan conclu avec les créanciers internationaux tout en continuant à négocier sur les conditions de son application.

"C'est un résultat important pour la Grèce qui va connaître une période de stabilité avec une majorité solide", a pour sa part commenté François Hollande, en visite au Maroc.

"C'est un message important pour la gauche européenne qui, avec ce résultat, confirme que son avenir est dans l'affirmation de ses valeurs de principe, le progrès, la croissance mais aussi le réalisme", a dit le président français.

"Après des années d'une crise presque sans précédent, la grande majorité des Grecs ont soutenu les partis qui leur ont promis de maintenir le pays dans l'euro même si cela impliquait des nouvelles réformes douloureuses", a analysé Holger Schmieding, chef économiste à la banque Berenberg en Allemagne.

Le système électoral grec prévoit une prime de 50 députés pour le parti arrivé en tête. Le seuil de représentation au Parlement est fixé à 3% des suffrages.

(Avec Michele Kambas, Georges Georgiopoulos, Angeliki Koutantou et Lefteris Papadimas et avec Yann Le Guernigou à Paris; Henri-Pierre André, Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français)

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  • titresyl le lundi 21 sept 2015 à 07:49

    les sondages "une fois de plus" n'auront pas pu influencer les votes ... désolé messieurs les technocrates cela s'appelle "LA DEMOCRATIE"

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