Les Grecs défient l'Europe en votant massivement "non"

le , mis à jour à 07:06
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LES GRECS DISENT "NON"
LES GRECS DISENT "NON"

par Karolina Tagaris et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - Les Grecs ont défié l'Europe dimanche en votant massivement en faveur du "non" aux propositions des créanciers internationaux d'Athènes lors d'un référendum dont le résultat pose la question du maintien de leur pays dans la zone euro et accentue le fossé avec les "institutions".

Selon les résultats définitifs fournis par le ministère grec de l'Intérieur, le "non" l'emporte avec 61,31% face au "oui" crédité de 38,69%. Selon un sondage diffusé par la chaîne de télévision Antenna TV, 67% des bulletins de vote "non" ont été glissés par des jeunes de la tranche 18-34 ans.

La totalité des districts électoraux ont majoritairement voté en faveur du "non", sans exception. Cette victoire étonnamment nette a déjoué les récents sondages qui prévoyaient une issue beaucoup plus serrée.

Des milliers d'Athéniens, brandissant des drapeaux, se sont rassemblés sur la place Syntagma, devant le parlement, dans le centre de la capitale pour célébrer un rejet des propositions européennes auquel le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis avait lié son sort.

"Je suis sans travail depuis près de quatre ans et je me disais qu'il fallait être patiente", a témoigné pour sa part une électrice de 43 ans, Eleni Deligainni, qui déclare avoir voté "non". "Mais j'en ai eu assez des privations et du chômage."

"Vous avez fait un choix très courageux", a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras dans une allocution télévisée. "Le mandat que vous m'avez confié n'est pas un mandat de rupture avec l'Europe mais un mandat qui renforce notre position de négociation afin de chercher une solution viable."

Le chef du gouvernement a rencontré dans la soirée le président Prokopis Pavlopoulos et lui a demandé de convoquer une réunion des dirigeants des différentes formations politiques afin de constituer "un front national fort" dans les négociations à venir.

Ce résultat ouvre une nouvelle période d'incertitude en Grèce après une semaine marquée par la fermeture des banques et la limitation du montant des retraits d'argent, destinées à éviter un effondrement du système financier grec.

L'euro a fortement reculé dans les premiers échanges en Asie. Vers 21h40 GMT, l'euro chutait de 1,21% contre la devise américaine à 1,0979 dollar et de 1,72% contre la devise japonaise à 134,05 yen.

La chancelière Angela Merkel et François Hollande, qui se verront lundi soir à Paris pour parler Grèce, se sont entretenus au téléphone dimanche soir et ont prôné la tenue d'un sommet de la zone euro. Ce sommet, comme l'a confirmé peu après le président du Conseil européen Donald Tusk, se tiendra mardi soir.

EXASPÉRATION EN ALLEMAGNE

Les ministres des Finances de la zone euro se réuniront un peu plus tôt, mardi, afin de préparer ce sommet, a déclaré Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe.

"Pour la reprise de l'économie grecque, des mesures difficiles et des réformes sont inévitables", a-t-il affirmé dans un communiqué. "Nous allons maintenant attendre les initiatives des autorités grecques. L'Eurogroupe discutera de l'état de la situation mardi 7 juillet."

D'ici là, lundi matin, Donald Tusk s'entretiendra avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, et Jeroen Dijsselbloem.

Une bonne partie des réactions au référendum grec sont venues d'Allemagne, où la classe dirigeante ne cachait pas son exaspération. Si la chancelière Merkel est restée silencieuse, son ministre de l'Economie, le social-démocrate Sigmar Gabriel, a jugé difficile d'engager désormais des négociations sur un nouveau plan d'aide à Athènes.

Estimant que le Premier ministre grec acculait ses concitoyens au désespoir, Sigmar Gabriel, par ailleurs vice-chancelier, a estimé qu'Alexis Tsipras avait coupé les derniers ponts par lesquels un compromis avec l'Europe aurait pu être trouvé.

Quant au vice-président du groupe conservateur CDU-CSU au Bundestag, Michael Fuchs, il a estimé qu'Alexis Tsipras avait provoqué un "désastre" et qu'il devait maintenant "ramasser les morceaux".

Parmi les représentants des milieux d'affaires allemands, Anton Börner, dirigeant de la fédération patronale BGA, qui regroupe des entreprises exportatrices, a jugé un "Grexit" inévitable. Georg Fahrenschon, président de l'Association des caisses d'épargne, s'est dit sur la même longueur d'onde.

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, dont le pays assume depuis le 1er juillet la présidence tournante de l'Union européenne, s'est dit quant à lui optimiste sur la possibilité de trouver une solution à la crise grecque.

En France, ni la présidence de la République ni le gouvernement n'ont commenté la situation grecque dimanche soir. L'extrême droite et une partie de la gauche ont en revanche salué la victoire du "non" au référendum en Grèce, les uns y voyant une nouvelle raison de sortir de l'euro, les autres un levier pour que le gouvernement Tsipras obtienne gain de cause.

Le fondateur du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, pourfendeur de l'Allemagne et d'Angela Merkel en particulier, s'est félicité d'un résultat qui doit permettre, selon lui, à la Grèce d'obtenir une aide plus adéquate de l'Europe.

(avec Paul Taylor et Andreas Rinke à Bruxelles; Marc Joanny et Eric Faye pour le service français)

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  • M1945416 le lundi 6 juil 2015 à 09:12

    et puis vous faites un crédit, la 1er chose que fait le banquier c'est vérifier votre capacité de remboursement, alors ne me faites pas croire que les créanciers, pour de telles sommes, ne l'ont pas fait et sont naïf à ce point… alors tant pis pour les créanciers , c'est pas à nous de renflouer , surtout qu'ils ont fait des taux de crédit phénoménaux, ce qui fait que pour 100 euros emprunté il demande 300 en remboursement, alors c'est qui les mafieux???

  • M1945416 le lundi 6 juil 2015 à 09:12

    c'est qui les responsables de cette situation? le peuple grec? ou les politiques de tout bord qui ont fait entré les grecs en europe, tient le mario draghi (président de goldmann sachs qui a trafiquer les comptes ) il est même monté en grade , c'est quand qu'on demande des comptes à ces gens là? c'est comme nos politiques , depuis 40 ans qui font qu'emprunter, pas mieux que les politiciens grecs, et c'est a nous qu'on va présenter la facture : 2000 milliards de dettes du a nos politiques …

  • phil8820 le lundi 6 juil 2015 à 07:40

    comme ils sont tous paumés en Grèce et le sentiment de s'être fait roulé par tsitsi, son ministre des finances Varoufakis vient d'annoncer sa démission, il sait déjà que tout est perdu,, il a envoyé son cv à Angela

  • M3272884 le lundi 6 juil 2015 à 07:36

    La Grèce peut quitter l'Europe, nous ne ferons pas de guerre de sécession comme l'on fait les US quand le sud a voulu quitter l'union.

  • kpm745 le lundi 6 juil 2015 à 07:35

    Ils vont déchanter rapidement lorsqu'ils traiteront avec les Chinois

  • pascalcs le lundi 6 juil 2015 à 07:29

    Respect pour la Grèce et sa courageuse population pour avoir remis la Troïka à sa vrai place. Et surtout avoir bien fait prendre conscience à Mme Merkel et M. Schaeuble la dimension absurde de leur politique mortifère. Jamais l’Europe n’a été à un point aussi bas dans tous les domaines que depuis que ces deux la font semblant de la guider.

  • xtagax le lundi 6 juil 2015 à 07:21

    Les règles européennes peuvent, doivent et nous les changerons : elles ont été écrites par la droite conservatrice qui aime les moutons qui se contentent de sport et de tv réalité.

  • xtagax le lundi 6 juil 2015 à 07:19

    Les grecs ont voté contre les dirigeants européens de droite. pour rappel:La gouvernance et le parlement europeen sont de droite. Bravo les grecs, bravo aux peuples qui ont pigé que leur salut est à gauche, les conservateurs et réactionnaires enfument l'opinion avec du catastrophisme, declinisme, égoïsme et individualisme. Tant pis pour les moutons qui les croient.

  • abertoni le lundi 6 juil 2015 à 07:18

    Il ne peut y avoir de négociations avec un peuple qui rejette les règles de l'Europe.les grecs doivent rester en dehors de l'Europe avec leur propres règles .

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