Les grands magasins tentent de boucler un accord sur le dimanche

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RECHERCHE D'UN ACCORD SUR LE TRAVAIL DOMINICAL DANS LES GRANDS MAGASINS
RECHERCHE D'UN ACCORD SUR LE TRAVAIL DOMINICAL DANS LES GRANDS MAGASINS

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - La fédération du grand commerce et les syndicats tentent ce lundi, après des mois de blocage, de boucler un accord de branche sur le travail du dimanche sur la base de nouvelles propositions faites par les grands magasins.

Après des mois d'opposition syndicale, l'Union du grand commerce de centre-ville (UCV) a revu à la hausse les compensations offertes aux salariés volontaires pour travailler le dimanche.

La fédération, qui regroupe les grands magasins (Printemps, Galeries Lafayette, BHV, Bon Marché, Monoprix) ainsi que les chaînes C&A (habillement) et Habitat (maison), propose maintenant aux salariés d'être payés le double pour tous les dimanches travaillés, alors qu'une majoration dégressive avait été proposée jusqu'ici.

Une allocation de 30 euros pour garde d'enfants sera offerte ainsi qu'une prise en charge des frais de transport, à hauteur de 60%.

En outre, un plafond de 15 dimanches par an sera fixé pour les salariés travaillant la semaine.

L'UCV estime que le travail du dimanche permettra la création de 2.400 postes, également répartis entre les grands magasins et les marques qui y sont représentées, gérées pour la plupart de façon indépendante.

"Nous avons un très bon compromis, conforme à ce que souhaitent les salariés", a déclaré à Reuters Claude Boulle, président de l'UCV, se montrant cependant prudent sur l'issue du vote.

Le processus va être soumis à signature et cela peut prendre quelques jours, a-t-il ajouté.

"PAS DU TOUT PARTANTS"

Du côté de la CGT et de FO, syndicats majoritaires avec plus de 50% des voix, la réserve est de mise.

"Pour l'instant, nous ne sommes pas du tout partants pour signer", a déclaré Céline Carlen, secrétaire générale de la CGT commerce, avant la reprise des discussions, cet après-midi.

La CGT conteste le chiffre de créations de postes qui, dans les grands magasins, seraient pour moitié assurés par des contrats à durée déterminée, ainsi que le montant jugé trop faible de l'allocation pour garde d'enfants.

"Il va y avoir des amendements (...) Nous pèserons le pour et le contre", a pour sa part indiqué Brice Bellon (FO), critiquant une notion de volontariat jugée équivoque et, d'une façon plus générale, la difficulté d'articuler vie professionnelle et vie familiale en travaillant le dimanche.

Pour que l'accord soit validé, il faut que les organisations syndicales représentant au moins 30% des suffrages exprimés le signent. S'en suit un "délai d'opposition", qui peut invalider la signature s'il est approuvé par plus de 50% des suffrages exprimés.

Les marques comme Louis Vuitton (groupe LVMH), Gucci (Kering), Hermès ou Chanel, qui emploient leur propre personnel, doivent signer de leur côté leurs propres accords.

"Je pense qu'elles attendent un accord de branche pour accélérer leurs négociations", estime Claude Boule.

Faute d'accord de branche, il reviendra à chaque grand magasin de s'entendre avec ses syndicats.

Aux termes de la loi Macron adoptée cet été, les ouvertures dominicales doivent faire l'objet d'un accord approuvé par référendum dans les très petites entreprises (de moins de 11 salariés) et par signature par les syndicats pour les autres.

La loi a instauré douze zones touristiques internationales (ZTI) dans la capitale, où les commerces pourront ouvrir le soir et tous les dimanches de l'année.

Pour les grands magasins du boulevard Haussmann, où la clientèle touristique étrangère génère environ la moitié des ventes, l'ouverture dominicale permettrait de générer environ 10% de chiffre d'affaires additionnel.

(Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)

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