Les grands appartements de luxe appauvrissent l'économie locale

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Immenses et inoccupés une bonne partie de l’année, les appartements de super-luxe réduiraient le dynamisme commercial des quartiers où ils se trouvent et éloigneraient les « vrais » habitants.

Il n’y a pas qu’à Paris que les logements vacants posent problème. La quasi-totalité des capitales les plus recherchées de la planète sont aujourd’hui confrontées aux «appartements fantômes». Ces vastes logements s’étalant sur plusieurs centaines de mètres carrés à Manhattan, Miami, Londres ou Singapour sont les incontournables trophées des ultrariches actuels. Un évident signe de réussite sociale mais aussi un mélange de placement sage et rentable.

Problème: en multipliant ce genre de possessions, les propriétaires ne les occupent quasiment jamais. Si l’on prend le cas des milliardaires (qui sont plus de 2300 par le monde selon le magazine Forbes ), ils possèdent en général une dizaine de résidences d’après le groupe de conseil en immobilier Knight Frank. Statistiquement, pour peu que les logements ne soient pas prêtés à des amis ou à des proches, ils sont donc appelés à rester vide chacun 47 semaines en moyenne… soit 90% du temps!

Optimisation fiscale

Désormais, les autorités commencent donc à se préoccuper de ces «appartements fantômes», comme le rapporte le magazine Newsweek. Car si ces ventes de luxe font les affaires des professionnels de l’immobilier, elles peuvent aussi handicaper l’économie locale. «Lorsque l’on transforme un immeuble existant avec beaucoup de petites unités bon marché pour les remplacer par de grands logements de luxe, cela nuit au petit commerce parce qu’il y a moins de gens qui vivent dans le voisinage», explique Mason Gaffney, économiste spécialisé dans la fiscalité de l’immobilier. Sans oublier le fait que ces gros acheteurs sont généralement très au fait de toutes les possibilités d’optimisation fiscale et rapportent alors moins aux finances publiques que les autres contribuables, à surface comparable.

Et pour ne rien arranger, ces constructions ou réhabilitations de luxe repoussent toujours un peu plus loin les «véritables» habitants. D’où une série de coûts cachés pour la population locale: loyers plus élevés, temps de transport rallongé etc. En Asie, à Hong Kong ou Singapour, les autorités ont commencé à restreindre l’accès au crédit immobilier pour calmer un peu le flot des plus grosses transactions. Et du côté New York, un projet de loi a été rédigé pour soumettre les logements de luxe vides à une taxation progressive. La taxe commencerait à 0,5 % pour les bien à partir de 5 millions de dollars et grimperait jusqu’à 4 % pour ceux qui dépassent 20 millions de dollars.

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